Paris 2024: Des Olympiades participatives?

Enfin, la France accueille de nouveau les Jeux Olympiques. Après 1900 et 1924, la capitale tricolore accueillera la 33ème édition des JO en 2024 après avoir échoué à accueillir le plus grand événement sportive en 2012 face à Londres. Forcément, faut marquer le coup.  Pour cela, le comité olympique français a mis les petits plats dans les grands avec deux grandes annonces: les quatre sports « invités » et d’un marathon ouvert pour tous.

Depuis 2014, une mesure olympique a été mise en place : celle de l’arrivée de sports « invités » lors de la quinzaine olympique. Tokyo 2020 a déjà respecté cette règle pour 2020 avec le skate-board ou encore l’escalade rajoutés à l’agenda olympique. Le 21 février dernier, l’organisation de Paris 2024 a annoncé les quatre sports qui seront présent durant l’édition 2024. 

Le breakdance à l’honneur

Ainsi, la capitale confirme la tenue du skate-board et de l’escalade, déjà présent sur le programme des Jeux Olympiques 2020 à Tokyo. Aucune surprise à ce que le surf soit présent aussi, la France disposant d’un des « spots » les plus fréquentés pour cette discipline avec la côte Atlantique. Cependant,  c’est sur le dernier sport que le CIO a décidé de nous surprendre. Alors qu’une grande majorité attendait l’entrée de la pétanque aux JO, c’est le breakdance qui fait son entrée. La discipline artistique y fera sa première apparition olympique, devançant ainsi le sport de boule. 

Cette discipline artistique, fortement attachée au hip-hop, devrait ainsi obtenir une exposition sans précédent. Cela permettrait à la discipline de se développer dans l’Hexagone et de s’ouvrir potentiellement à de nombreux nouveaux adhérents d’ici 2024.
 

Le marathon Olympique: pour tous?

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Tony Estanguet, président du comité d’organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris. ©Wikipédia

Pendant que certains jubilent de l’entrée de leur discipline dans le programme olympique, d’autres reçoivent la chance de leur vie. L’organisation de Paris 2024, par la voix de Tony Estanguet, président du comité d’organisation des JO 2024, a annoncé la tenue d’un marathon ouvert à ceux qui le souhaitent.  Peut-être découvrirons-nous un nouveau Eliod Kipchoge, actuel champion olympique ou encore un Steven Kiprotich comme à Londres 2012 ! Les modalités de participations seront annoncées courant 2019. C’est ce que le compte Twitter de Paris 2024 a annoncé récemment. 

Une épreuve ouverte à tous donc, mais il faudra probablement s’attendre à un nombre de coureur limite, qui n’a pas encore été défini. La dernière édition du marathon de Paris comptait 55000 inscrits pour donner une idée. Cela se déroulera probablement en marge de l’épreuve officielle. Petits et grands pourront participer à plusieurs épreuves sur différentes distances aussi. Il est évidemment trop tôt pour en dire plus. Néanmoins, cet événement indique la ligne directrice de Paris 2024. La France veut impliquer tout le monde dans ses Olympiades, l’édition se veut participative. Dans ce sens, il a été révélé que d’autres épreuves olympiques pourraient être ouvert à tous aussi. Nous en saurons plus courant 2019.
 

Antoine Dazin 

 

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Le Ski aussi !

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©Unspalsh

En plein championnats du monde de ski à Seefeld, en Autriche. Le Ski nordique est rattrapé par ses vieux démons. Le Tyrol semble être secoué par un vaste réseau international de dopage sanguin.

En effet, un nouveau scandale international de dopage a été mis au jour par les polices allemandes et autrichiennes. L’opération de police nommée « Aderlass » (« saignée » en allemand) a mené à neuf interpellations dont cinq skieurs de haut niveau : Un athlète
kazakh, deux athlètes autrichiens et deux estoniens. Elle visait à démanteler un réseau de dopage sanguin établit en Thüringe en Allemagne depuis plusieurs années.

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©location et vacances

Mais comment a été ouverte cette enquête ?

L’enquête a été ouverte le mois dernier à la suite d’une interview de l’ancien fondeur autrichien Johannes Duerr. Lors de son interview sur la chaîne allemande ARD, l’ancien fondeur a confessé qu’il a utilisé l’EPO (une hormone) et des transfusions sanguines durant sa carrière. Johannes Durr avait d’ailleurs été suspendu pour dopage à l’EPO lors des JO d’hiver de Sotchi en 2014. Cet ancien espoir du ski, en conflit avec la fédération autrichienne semble avoir déclenché cette vaste affaire de dopage.

Allô Docteur ? 

La personne au coeur de l’affaire serait le docteur Mark Schmidt, un médecin du sport de 40 ans. C’est un homme est un ancien médecin d’équipes cyclistes allemandes. A l’époque, il travaillait pour la sulfureuse équipe Gerolsteiner. Disparue en 2008, je vous laisse deviner pourquoi ? En raison d’une accumulation de cas de dopage. Monsieur Schmidt avait été accusé par son coureur Bernhard Kohl de l’avoir aidé à se doper, des accusations démenties à l’époque. C’est à Erfurt, en Allemagne dans la région de Thüringe qu’a été arrêté le docteur Schmidt, l’homme suspecté d’animer le réseau. La police autrichienne soupçonne Mark Schmidt d’avoir appliqué ses méthodes pendant de nombreuses années avec un complice depuis l’Allemagne, ce complice a également été arrêté.

L’un des cinq sportifs interpellés a carrément été pris la main dans le sac.

 En effet, Mark Hauke, un skieur autrichien de 27 ans a été pris l’aiguille dans le bras. L’autrichien a été arrêté par la police alors qu’il était en pleine transfusion sanguine. Une révélation de la NRK, la télévision publique norvégienne. Outre le skieur surpris par la police, on parle d’un athlète Kazakh (Alexey Poltoranin), d’un autrichien (Dominik Baldauf) et de deux estoniens (Andreas Verpaluu dont le père, double champion olympique avait été blanchi en 2011 pour une affaire de dopage). Ainsi que, Karel Tammjarv. Aucun d’entre eux n’est un skieur de premier plan. Même si Poltoranin avait obtenu deux médailles de bronze aux mondiaux de 2013.

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©The times

Des affaires fréquentes dans le ski ! 

Le ski de fond est un sport d’endurance. Ainsi, le dopage sanguin peut produire des effets importants sur la performance, ce qui entraine un grand nombre d’affaires de dopage dans le ski. Avant les JO d’hiver 2018, un réseau de journalistes européens avait pu analyser les données de près de 2000 skieurs de la décennie 2000. Leurs constatations sont édifiantes ! Un tiers des médailles distribuées aux jeux olympiques et aux championnats du monde depuis 2001 ont été remportées par des skieurs présentant des résultats suspects.

Cette affaire de dopage s’ajoute à un nombre important d’affaires embarrassantes pour les disciplines nordiques.

 La Fédération Internationale (IBU), basée à Salzbourg, est accusée d’avoir touché plusieurs centaines de milliers de pot-de-vin. Pourquoi ? pour protéger les intérêts russes et cacher des cas de dopage de sportifs russes. Mais ce ne sont que des soupçons. Néanmoins, une enquête a été ouverte par le parquet financier autrichien.

Cet épisode réveille tout de même de mauvais souvenirs !

 Un réveil douloureux pour le ski qui avait déjà essuyer le même genre d’affaires aux JO d’hiver de Turin en 2006. Il y a 13 ans, la police italienne avait saisi du matériel de transfusion dans les chalets des biathlètes et skieurs de fond autrichiens. Six athlètes et dix responsables de l’encadrement dont Markus Gandler, directeur sportif avaient été radiés à vie ! Monsieur Gandler avait été blanchi en 2009 et réintégré. Il n’en reste pas moins sûr que ce scandale, (dans l’une des disciplines phares du sport autrichien), avait durablement marqué le pays. Néanmoins, l’affaire avait conduit à un renforcement de la législation antidopage. L’explosion d’une affaire de dopage, d’une telle ampleur, pendant une grande compétition de ski de fond. Rappelle le raid de la police italienne des JO de Turin de 2006 qui avait fait grand bruit à l’époque comme celle d’aujourd’hui d’ailleurs.

Une conclusion sans équivoque…

Cette affaire dépeint une discipline complètement gangrénée par le dopage. On l’aura compris le dopage dans le ski de fond fait presque partie des meubles et les sanctions ne semblent pas faire effet. Malheureusement, le ski n’est pas le seul sport à être touché par ces affaires de dopage. Bon nombre d’autres sports le sont aussi !

Julien Haid 

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Du pourquoi José Mourinho est le meilleur entraîneur du monde

L’explication du pourquoi José Mourinho est le meilleur entraîneur au monde. Le titre, à l’image du bonhomme, est évidemment provoc’ mais va nous permettre d’aborder une question que beaucoup se posent ces derniers temps : le Special One est-il dépassé par le football actuel?

José Mourinho. L’un des plus grands palmarès d’entraîneur de l’histoire, qui ne cesse pourtant de diviser. D’aucuns le trouvent génial, d’autres le détestent. Ces dernières années, le flambeau n’a cessé de rejoindre la deuxième catégorie, celle de ceux qui le voient comme un entraîneur du passé, devenu maître dans l’art du paraître pour cacher ses lacunes actuelles. Pas adapté au football moderne, trop défensif, caractériel et autoritaire, faisant passer sa petite personne au-dessus de ses clubs : les reproches ne manquent pas dans la bouche de ses détracteurs. Pourtant José est toujours là, en haut de l’affiche, et son aura n’a pas faibli aux yeux des dirigeants européens, pourquoi?

FC Porto : des débuts étincelants

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Tout commence chez lui, au Portugal, et à Porto plus précisément en 2002 en cours de saison lorsqu’il reprend l’équipe en main après deux courtes piges à Benfica et Leiria. Il permet, en quelques matchs, aux Dragons d’accrocher la troisième place et les poules de la Coupe de l’UEFA après un début de saison très moyen. Son bilan de 11 victoires en 15 matchs est prometteur.

Lors de la pré-saison, il publie sur le site des rapports très précis faisant état de sa manière de préparer ses joueurs, à base de joggings répétés et de séances d’aérobic intensives. On découvre alors les prémisses du modèle Mourinho, basé sur l’excellence physique de ses joueurs. Il base d’ailleurs son équipe autour de joueurs solides physiquement mais très à l’aise techniquement et rapatrie de beaux noms au pays (Nuno Valente, Paulo Ferreira et Maniche).

Sur le terrain, il met en place un jeu sous pression très offensif, baptisé « alta pressão », qui accule ses adversaires : les attaquants pressent continuellement la ligne défensive adverse, le 4 arrière évolue très haut sur le terrain pour étouffer les milieux adverses et la ligne médiane oriente le jeu après avoir récupéré les ballons perdus. (Oui oui, Mourinho à la base est un entraîneur offensif, et sur l’ensemble de sa carrière il a d’ailleurs été plus longtemps offensif que défensif).

En 2003, il remporte le titre avec le FC Porto, la coupe nationale et la Coupe de l’UEFA contre le Celtic dès sa première saison complète. L’année d’après, il fait encore mieux. Il décroche la Supercoupe du Portugal, le titre de champion et, surtout, la Ligue des Champions contre Monaco. Le club portugais et Mourinho sont sur le toit de l’Europe.

Chelsea : la confirmation au haut niveau

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Héros dans son pays, il reçoit bon nombre d’offres venant d’Angleterre, séduite par le jeu ouvert et offensif du Mou. En 2004, il dépose ses valises à Chelsea après avoir adoubé la politique sportive de Liverpool et vertement critiqué celle de Roman Abramovitch, grand patron des Blues.

Sous l’effluve de la Premier League et de sa médiatisation excessive, Mourinho verse dans la provoc’. Il y devient l’entraîneur le mieux payé au monde et façonne son personnage en s’auto-proclamant « Special One » et taxant Arsène Wenger, le coach ennemi d’Arsenal, de « voyeur » qui passait son temps à regarder et parler de Chelsea.

Mais le Mou c’est bien plus que ça et il le prouve sur le bord du terrain. Il remporte 2 Premier League, 2 Coupe de la Ligue, une FA Cup et une Community Shield (Supercoupe d’Angleterre) entre 2004 et 2007. Il mène deux fois son équipe en demi-finale de Ligue des Champions mais ne parvient pas à passer le dernier carré. Le jeu explosif de son équipe, bien adapté au championnat anglais, n’offre pas assez de garanties défensives contre les grands d’Europe. Mourinho s’interroge sur ses velléités offensives.
Lassé par les nombreuses altercations qu’il doit mener face à Roman Abramovitch, qu’il accuse de favoriser son intérêt économique propre au développement sportif de son équipe, il rend le tablier en septembre de sa quatrième saison. En trois saisons à Chelsea, le
Special One aura fait mieux que tous ses prédécesseurs sur le banc londonien.

Inter Milan : terre de nombreux exploits

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Sans club après son départ de Chelsea, son puissant agent Jorge Mendes tente de le glisser sur le banc d’un Barça un peu à court de souffle mais, malgré l’engouement d’une partie de la direction, les hautes sphères catalanes déclinent sa proposition.

Il trouve alors un point de chute à l’Inter Milan en 2008 pour un nouveau challenge : remporter le titre dans trois championnats différents consécutifs. Il met les voiles sur la Botte avec l’objectif hautement proclamé de refaire de l’Inter un leader européen, deux ans après la victoire en Ligue des Champions du voisin Rossoneri. Confronté au football plus défensif et organisé italien, Mourinho adapte quelque peu ses propensions offensives et se concentre davantage sur la mise en place de son bloc.

Avec les Interistes, il remporte deux championnats, une Coupe d’Italie et une Supercoupe. En Italie, il
remporte son troisième championnat différent, de manière consécutive qui plus est. Le soir du premier titre, il déclare qu’il ne manque qu’une Ligue des Champions aux Nerrazzuri pour redevenir le plus grand club de la ville et s’attire les foudres des supporters de l’AC Milan. Il tient parole la saison suivante en menant l’Inter sur le toit de l’Europe contre le Bayern, 2-0. Mourinho remporte sa deuxième Ligue des Champions en autant de finales, devient le premier entraîneur à réaliser le triplé avec un club italien et le troisième à remporter la plus grande compétition européenne avec deux clubs différents.

Real Madrid : changement de cap opéré

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Au lendemain de cette victoire retentissante, le Real Madrid annonce avoir libéré Mourinho de son contrat milanais pour lui donner les rennes d’une équipe en pleine reconstruction. Cristiano Ronaldo, Kakà et Benzema viennent de débarquer et le Special One se voit confier la mission de redorer l’aura du club le plus titré d’Europe. Le défi est de taille car les Madrilènes restent sur cinq éliminations consécutives en huitièmes de finale. Une honte sportive qui soulève la broncha des socios, d’autant plus humiliés par le sixtuplé du Barça de Pep Guardiola deux saisons auparavant. Mourinho débarque à Madrid avec l’étiquette du seul entraîneur à avoir battu Pep Guardiola en Coupe d’Europe (lors de son titre avec l’Inter, en demi-finale) et les espoirs placés en lui sont immenses.

Le début de saison du Real est étincelant et les Madrilènes battent le record du meilleur début de saison, établi par le Barça de Guardiola deux saisons plus tôt. Mourinho semble prendre le dessus sur son opposant tactique. Mais la chute est brutale lors de son premier Clásico : les Catalans infligent une dégelée 5-0 à leur grand rival et la plus grande défaite de la carrière d’entraîneur du Mou. Le Portugais est vivement critiqué pour une tactique basée « presque uniquement sur l’attaque » et le Real est sonné. C’est ce fameux Clásico qui marque le réel tournant défensif de la tactique de Mourinho qui décide, à partir de ce moment là, de privilégier une assise solide et une organisation sans faille comme principe cardinal. C’est également le début de ce qu’on appellera le « travail post-Mourinho » et dont on parlera plus tard.

Après une période plus difficile, il transforme mentalement son effectif qui remporte le titre l’année suivante en allant s’imposer 1-2 au Camp Nou grâce à une leçon tactique et mentale phénoménale. Malgré un jeu caractérisé de « défensif », le Real bat le record de buts marqués en une saison en Liga, 107. Mourinho ramène le titre national au Real après quatre ans de disette, devient le quatrième entraîneur à remporter le titre dans quatre championnats différents mais le premier à le faire dans trois championnats majeurs (et dans quatre championnats consécutifs). Mais la saison suivante est à nouveau compliquée et les cadres du vestiaire (Casillas et Ramos en tête) demandent son départ. Il quitte le club à la fin de saison.

Chelsea, Manchester United : retour en terres (à nouveau) conquises

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Mourinho rentre à Londres dans un club qu’il a déjà comblé et dans un stade qui ne demande que son retour. Et c’est un nouveau succès puisqu’il atteint les demis-finales de Ligue des Champions dès sa première saison, malgré des exercices nationaux plus compliqués. Il rapporte cependant la Premier League et la Coupe de la Ligue à Stamford Bridge l’année d’après mais le modèle Mourinho et l’exigence qu’il demande à ses joueurs semblent les lessiver. Après un début de saison raté, il est viré par les Blues en décembre de sa troisième saison.

Alors que beaucoup le trouvent fini, il surprend tout le monde en s’offrant Manchester United. Après une première saison convaincante qui le voit ramener la Coupe de la Ligue et l’Europa League, seul trophée qui manquait aux Mancuniens, et solidifier une défense jusqu’alors très poreuse, il enchaîne avec une saison et demie totalement vierge dont on connaît le dénouement.

Une fin de carrière qui pose question

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Quand on entend tout ça, on est tenté de se dire que sa fin de carrière démontre qu’il n’a peut-être plus le niveau, mais cela dépend en fait de comment on conçoit le rôle d’un entraîneur. Bien évidemment, son rôle est de ramener des titres et des trophées à son club mais pour cela, il existe plusieurs méthodes différentes. Et celle du Special One est sans doute unique au monde (on l’a abordé plus haut en parlant de « modèle post-Mourinho » lors de son passage au Real). Lorsque l’on regarde les résultats des clubs qu’il quitte, on remarque aisément le nombre de titres décrochés. Beaucoup les considèrent comme la preuve que Mourinho ne savait pas comment utiliser un effectif de talents mais quand on y regarde de plus près et que l’on prend en compte certaines déclarations de joueurs, on se rend compte qu’il ne faut pas penser dans ce sens là. Si les équipes de Mourinho remportent de nombreux titres après son départ, c’est sans doute en réalité grâce à Mourinho.

Quelques explications. Lorsqu’il est arrivé à Porto, Mourinho a mis en place des exercices physiques très poussés qui ont fortement étonnés et dont nous avons parlé en début de sujet, chose qu’il a réitéré dans tous ses clubs. Tout amateur de foot sait aussi que Mourinho ne dure pas plus de trois ans dans un club car ses joueurs finissent usés, écrasés sous la charge de travail, et la plupart des gens le perçoit comme un handicap.
Mais prenons les résultats des clubs de Mourinho dans les deux ans qui ont suivi son départ. Porto a été champion les deux années suivantes (et même 7 fois en 8 ans) et s’est forgé un solide réputation d’épouvantail en Coupe d’Europe qui court toujours (il est à noter que le club travaille toujours physiquement comme sous la direction de Mourinho). Chelsea a été champion en 2010 après une année noire sous Mourinho et a remporté deux FA Cup, une performance quasiment identique après son deuxième passage (une seule FA Cup décrochée). Le Real a remporté la Ligue des Champions dès la saison suivant son départ. Seul l’Inter échappe à la règle puisqu’ils naviguent en eaux troubles depuis.

Les détracteurs de Special One rétorqueront que cela ne prouve pas qu’il y est pour quelque chose car ses équipes semblent libérées après son départ. Et c’est exactement le cas. Elles sont libérées d’une charge physique impressionnante qui finissait par les étouffer. C’est un problème au moment présent, mais ça veut surtout dire que lorsque son successeur débarque, il retrouve une équipe absolument au top physiquement tant elle l’a travaillé les saisons précédentes. Il peut donc se permettre de se focaliser sur les autres aspects du jeu pour rendre efficace une équipe physiquement au-dessus de ses adversaires. D’ailleurs, le niveau physique et l’endurance étaient les principales qualités de tous les titres de ces équipes juste après le départ du Mou.

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Ces observations ont toutes été « validées » par les déclarations d’anciens joueurs de Mourinho. Angel Di Maria et Mesut Ozil ont déclaré ne s’être jamais sentis aussi forts physiquement que sous Ancelotti et en attribuent le mérite au travail de sape de Mourinho. Eden Hazard a avoué se sentir « très bien dans une équipe très forte, surtout physiquement » dès le début de saison 2017. Zidane a déclaré durant son mandat madrilène qu’il s’inspirait de la façon dont Mourinho travaillait pour forger son équipe et la garder concernée. À ce propos, Cristiano Ronaldo, bien que pas très fan de l’humain José, a dit qu’il admirait la façon dont Mourinho avait réussi à transformer le Real en une machine qui gagne. Car le mental c’est aussi et surtout le gros point positif des équipes post-Mourinho, cette volonté absolue de gagner et cette faim de trophées qu’il parvient à leur inculquer. C’est bien simple, les ex-équipes du Special One savent gagner après son passage. Dernier exemple en date : lorsqu’il fut viré de Manchester United, des rumeurs insistantes l’envoyaient à nouveau au Real Madrid et la question fut posée à Sergio Ramos. Si le capitaine madrilène, pas en odeur de sainteté avec le coach portugais, a déclaré que Mourinho ne reviendrait pas au Real tandis qu’il serait dans l’effectif, il a tout de même avoué que son retour dans la capitale espagnole ferait « beaucoup de bien » au triple champion d’Europe.
Tant de discours qui vont dans le sens du travail imposant qu’apporte le
Special One à ses clubs. Alors, elle est à combien la cote de Manchester United champion d’Angleterre la saison prochaine?

Antoine Thirion

L’octopush ou Hockey Subaquatique

 

©Codep56

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il existe beaucoup de spot insolite méconnu du grand public. Dans cet article, on parle de l’octopush ou Hockey subaquatique qui est un sport voyant deux équipes de 10 joueurs s’affronter en apnée dans une piscine. Les 2 équipes se disputent un palet à environ 2 mètres de profondeur. Le but est d’inscrire des goals avec le palet dans la rigole de l’équipe adverse.

Mais d’où vient ce sport ?

C’est Alan Blake qui crée le hockey subaquatique en 1954 à Portsmouth, en Grande-Bretagne. Ce plongeur détestait l’hiver qui réduisait le temps de plongée. Il décide alors de créer ce sport pour ne pas faire des longueurs seul dans la piscine. Le jeu a
énormément évolué : au début, il était pratiqué avec des bouteilles de plongée, ce qui réduisait la maniabilité de la crosse et la vitesse dans l’eau. Le britannique avait d’abord commencé avec les mêmes sticks que le hockey sur gazon. Ensuite, ils ont évolué et ils ont même eu une forme triangulaire. Aujourd’hui, leur taille a été réduite pour ne mesurer que 30 centimètres et être plus maniable.

Quel est le matériel requis pour pratiquer ce sport ?

Chaque joueur est équipé : de palmes, d’un masque et d’un tuba avec un protège bouche, d’un bonnet de protection, bleu ou noir, en fonction de l’équipe du joueur. De gants en silicone et d’une crosse qui mesure environ 30 centimètres, blanche ou noir en fonction de l’équipe. 2 équipes s’affrontent 6 contre 6 pour la possession d’un palet qui pèse 1,3kg et mesure 8 cm de diamètre et 5 cm d’épaisseur, le match se joue dans une piscine avec un fond plat. La profondeur de cette piscine doit être comprise entre 1,80 m et 4 m. Les buts sont en acier inoxydable et en forme de cornière, avec une longueur d’environ 3 mètres.

Comment se déroule le match ?

une partie de hockey subaquatique féminin

©Letélégramme.fr

L’objectif du jeu consiste à pousser le palet avec une courte crosse dans le but immergé en forme de rigole de l’équipe adverse. Les matchs durent 30 minutes, en deux périodes de 15 minutes avec une mi-temps de 3 minutes où les deux équipes changent de camp. Les équipes sont composées de 10 joueurs : 6 dans l’eau et 4 en remplacement sur le bord de la piscine. Un des joueurs de remplacement dépose le palet au fond de l’eau et remonte à la surface. Le match débute lorsque le signal “Tuut“est donné à la surface. Lors du match, les participants sont invités à essayer des places différentes au sein du jeu. Dés qu’un joueur parvient à atteindre le palet et le placer dans la rigole adverse, les joueurs remontent à la surface et le palet est replacé au centre par un réserviste. C’est alors que la partie reprend. Les coaches de chaque équipe établissent des tactiques. D’ailleurs en voici deux exemples très utilisé : 3 attaquants et 3 défenseurs ou 1 défenseur, 3 milieux et 2 attaquants.

 

 

Et l’arbitrage dans tout ça ?

©FFESSM

Il y a un arbitre en surface et deux arbitres aquatiques. Leur équipement est très distinctif : il s’agit d’un bonnet rouge et d’un maillot de corps jaune. Les arbitres utilisent une gestuelle codifiée pour communiquer entre eux et avec les joueurs. C’est l’arbitre hors de l’eau qui actionne le signal sonore en cas de faute. Il y a aussi des arbitres de table qui s’occupent du chronomètre ou d’inscrire le score sur la feuille de match. Comme dans les autres sports, des fautes sont possibles. D’ailleurs, à la suite de certaines fautes, un joueur peut être sanctionné par une « prison ». Quand un joueur est en prison, il est assis sur une chaise à l’extérieur de la piscine réduisant le nombre de membres de son équipe dans l’eau. Le temps de prison est réparti en fonction de la gravité de la faute : 1, 2, 5 minutes ou une expulsion définitive.

Est-ce qu’il y a des spectateurs dans ce sport ?

Oui. Une partie importante des actions se déroulent sous l’eau. Ainsi, pour ne rien rater, soit les spectateurs sont dans la piscine munis d’un masque et d’un tuba, soit ils regardent la partie sur des écrans reliés à des caméras qui filment sous l’eau uniquement pour les championnats d’Europe et du Monde.

La Belgique n’est pas en reste en Hockey subaquatique ! 

©Pixabay

En effet, il y a deux fédérations. Une nationale, la Febras et deux régionales : LIFRAS pour la partie francophone et Nelos pour la partie néerlandophone. 4 manches de championnat de Belgique et une manche de coupe existe dans notre pays, ce qui représente 5 journées au total. Plusieurs tournois amicaux sont aussi organisés pendant l’année. La Belgique dispose d’une équipe nationale féminine, les Red Mermaid. La difficulté est que même en cas de victoire, les joueuses ne gagnent rien ! Ce qui entraine la prise en charge de tous les frais liés au matériel, et aux déplacements internationaux. Un budget qui grimpe vite ! Il existe des clubs à travers la Belgique : en Wallonie, à Bruxelles et en Flandres : Genk, Anvers ou Bilzen par exemple mais le plus connu reste celui de Louvain-La-Neuve. C’est indéniable, ce sport manque de popularité en Belgique, l’une des raisons est qu’il n’y ait pas de caméras sous l’eau qui retransmettent les matchs comme aux Championnats du Monde et d’Europe.

C’est un sport qui ne laisse personne sur le carreau

Le hockey subaquatique est un sport ludique et complet. C’est probablement aussi le seul sport ou filles et garçons, jeunes et moins jeunes peuvent évolués sur un pied d’égalité. Même s’il est méconnu depuis des années, ce sport commence à attirer de nombreux adeptes. Un sport accessible à tous car il allie physique et technique mais qui demande quand même un bon portefeuille !

Julien Haid

©ffessmaura.fr

Les choses folles que des supporters aient fait pour une équipe !

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Dans certains cas, les supporters se montrent complètement fous pour supporter leur équipe. Un tatouage au milieu du front, des cendres dans une bouteille de lait pour aller au match ou encore un CV d’entraineur virtuel sont toutes des choses que des supporters ont déjà faites. En voici quelques exemples: 

Et on commence par Radja Nainggolan. Nainggolan n’a pas été en Russie avec les Diables Rouges mais ça ne l’a pas empêché d’être le premier supporter de l’équipe. Le ninja avec l’aide des ultras belges avait empêché les panaméens de dormir et Il avait aussi fait bloquer le bus de la Tunisie. Mais après ça, le joueur de l’Inter ne s’est pas arrêté là : il a appelé tous les joueurs anglais durant la nuit… Pour les réveiller ! Tout ça, c’était pour une campagne de pub pour son nouveau sponsor.

Evidemment, les anglais ne sont pas en reste 

Partons maintenant, chez nos amis anglais ! Lors de la Coupe du Monde, après la victoire de l’Angleterre sur la Suède, le 7 juillet 2018. Une foule de supporters anglais a mis du désordre dans un magasin Ikea de Londres : ils ont envahi le magasin suédois en y commettant des dégâts. Certains fans ont sauté sur des lits et jeté des coussins au sol. Les supporters chantaient et agitaient des drapeaux. Le personnel du magasin n’a rien fait pour empêcher les supporters de célébrer le succès anglais.

Parfois, même après avoir passé l’arme à gauche, certains supporters ne se découragent pas pour supporter leur équipe.

Disperser les cendres du défunt supporter sur la pelouse de son club de cœur est d’ailleurs la pratique la plus commune. Dans ce domaine, ce sont les anglais qui détiennent la palme d’or. Des clubs comme Arsenal ou Liverpool reçoivent des centaines de demandes par an. Mais parfois c’est un peu plus insolite ! Un supporter a acheté une place pour son père décédé… Pourquoi ? pour emmener son urne à tous les matchs. La sécurité du club de ce supporter a jugé l’urne comme pouvant être une arme. Mais ça n’a pas arrêter le supporter ! Qui a transvasé les cendres de son père dans une… bouteille de lait. Alors, Glauque ou touchant, à vous de décider !

En Allemagne, certains supporters peuvent même supporter jusqu’à la tombe. Découvrons le club d’Hambourg. En effet, le club offre la possibilité d’être enterré aux couleurs du club. D’abord, un cortège funéraire qui passe par une entrée en forme de but. Ensuite, une décoration florale à base de ballons ou de chaussures de foot. Et enfin, une inhumation accompagnée de chants de supporters. C’est une réplique parfaite d’un enterrement de footeux. Ces supporters sont enterrés dans un espace prévu à cet effet à l’intérieur du club. Attention, cette pratique à un coût. Il faudra compter près de 2300 € pour un cercueil et (environ) 400 € pour une urne. Hambourg réinvestit l’argent dans l’entretien et la rénovation de l’espace funéraire dédié aux supporters. Qu’on se le dise, cette équipe sait prendre soin de ses supporters.

Plusieurs centaines de milliers de français ont célébré l’exploit de l’équipe de France en Finale de la Coupe du Monde 2018. Et certains plus que d’autres …

 Certains supporters des bleus se sont laissés emporter par l’euphorie. Quelques fois les supporters ont fêté cette victoire de manière assez… surprenante ! A Paris, certains fans n’ont pas hésité à mouiller le maillot, enfin s’ils en avaient un ! En effet, quelques-uns ont fêtés la victoire totalement nus… C’est ainsi que plusieurs supporters des bleus n’ont pas hésité à escalader des monuments emblématiques de la ville comme la fontaine Saint-Michel ou un édifice Place de la Concorde. Audacieux ces français !

Parfois le soutien à une équipe est aussi gravé dans la peau…

 A certains moments, les supporters sont très amoureux de leur club. Tellement amoureux qu’ils n’hésitent pas à se faire tatouter un symbole de leur équipe sur la peau. En 2015, c’est le Chili qui s’impose en Copa America. Avant la compétition, un supporter chilien avait promis sur Facebook de se faire tatouer la tête de Jorge Sampaoli, le sélectionneur sur… les fesses ! Quelques jours plus tard, Stalin Joffre, le supporter en question. Affiche la caboche chauve de Sampaoli sur la fesse droite… Le tatoueur a rappelé que ça a pris 4 heures de travail. Il assure que Joffre n’a pas eu mal. Parce que le derrière est une zone plus tendre. Ça doit être sympa au lit pour la copine de Monsieur Joffre, d’avoir le regard de Jorge tourné vers elle…

Zdravkov Levidzhov n’est pas un supporter des Red Devils comme les autres.

©Le Figaro.fr

Pour s’en rendre compte, c’est simple. Il suffit de savoir que ce bonhomme a passé 10 ans devant les tribunaux bulgares pour pouvoir s’appeler… «Manchester United ». Le fanatisme de ce bulgare est sans doute un peu extrême; Il s’est fait tatoué le logo de Manchester United en plein milieu du front ! Autant dire que cet homme n’a peur de rien pour supporter son équipe. Levidzhov affirme qu’un tatouage sur le bras n’aurait pas eu le même effet. Ce troisième œil sur le front doit tout de même interpeller les gens qu’il croise

 

Dans certains cas, le virtuel l’emporte un peu… beaucoup sur le réel.

 En Mai 2006, John Boileau, un jeune britannique de 25 ans postule pour le poste de manager à Middlesbrough. Le club vient de se séparer de Steve Mclaren, son entraineur. Une occasion pour le jeune boileau de se présenter. Mais il y a un problème : à part une expérience de coach de U11 en 1999. Le CV de John n’est basé que sur ses performances dans… « Football Manager ». Le jeune Boileau était très confiant puisqu’il avait réussi à attirer Zidane, Totti ou encore Raul dans ce club de 4èmedivision anglaise. Steve Gibson, le président du club a répondu au jeune britannique de manière ironique. Une histoire assez dingue mais au combien touchante.

 Mais la plupart du temps, les supporters se démarquent par les chants…

 La référence en la matière, c’est le fameux « You will newer walk alone » de Liverpool. Mais il n’y a pas qu’à Liverpool que ce chant est devenu un Hymne. Il y a aussi au Celtic Park de Glasgow. Entendre des Milliers de supporters chanter ce morceau est une vraie claque pour les oreilles. N’hésitez pas à aller l’écouter, vous en aurez des frissons !

Julien Haid

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Jupiler Pro League : qui sont les grands gagnants du mercato d’hiver ?

Le mercato d’hiver a fermé ses portes la semaine dernière. Les équipes belges sont maintenant parées pour les six derniers matches de la phase régulière et pour les play-offs. L’occasion pour nous de revenir sur les bons (et moins bons) coups réalisés par nos clubs. 

Genk au four et au moulin

Honneur au leader du championnat : Genk. Pour eux, c’était un peu le mercato de tous les dangers. Les Limbourgeois ont pris 51 points sur 66 en 2018 et ont été impressionnants en Europa League. Ils devaient s’attendre à recevoir beaucoup d’offres et ce fut le cas. La plus grosse alerte est venue d’Arabie Saoudite. Al-Ahli était prêt à faire sauter la clause libératoire de 8 millions d’euros de Pozuelo. Et, surtout, le club saoudien lui proposait un contrat en or massif. Pendant plusieurs jours, les supporters de Genk ont eu très peur pour leur meneur de jeu. Mais Pozuelo a finalement décidé de finir la saison dans le Limbourg.

Pozuelo, c’était le dossier le plus chaud, mais les dirigeants du Racing ont dû refuser plein d’autres offres. L’AS Rome, notamment, voulait Malinosvkiy, mais elle devra revenir à la charge l’été prochain. Il y a eu aussi pas mal d’intérêt pour les autres stars que sont Trossard, Berge et Samatta. Genk a même dû garder son sang froid pour conserver des joueurs un peu moins cotés mais tout aussi importants, avec notamment une offre de Galatasaray pour Ndongala et un forcing de Southampton dans les derniers jours du mercato pour Maehle. Les Saints proposaient 11 millions d’euros pour le défenseur danois, mais Genk a refusé.

Stade de Genk

La Luminus Arena de Genk, cible de toutes les convoitises

Genk a fait preuve d’une énorme force de persuasion pour parvenir à garder tous ses cadres. C’est vraiment du bon boulot. Au final, ils se sont même renforcés.  Le Racing a prêté deux joueurs qui n’avaient plus voix au chapitre : Seck à Zulte-Waregem et Nastic à Ostende. Et dans le sens des arrivées, le Racing a réussi à doubler ses deux backs, avec les transferts de Casper De Norre et de Neto Borges, deux jeunes prometteurs. Une autre arrivée, c’est celle de Marius Konkkola : un Finlandais de … 15 ans ! N’est-ce pas interdit de transférer des étrangers avant 16 ans ? Et bien, oui, totalement. Mais théoriquement, Konkkola ne débarquera en Belgique qu’en 2020. Problème, il aurait déjà joué des matches amicaux avec des équipes de jeunes Genk et une enquête a été ouverte à ce sujet. C’est la seule ombre au tableau pour les Limbourgeois cet hiver.

Deux poursuivants quasi inactifs

Genk a donc passé un mercato très animé, mais ce n’est pas le cas de ses deux poursuivants. Bruges et l’Antwerp se sont montrés très discrets sur le marché des transferts. La seule transaction importante des deux clubs les concerne tous les deux en fait. Lior Refaelov, prêté par le Club aux Anversois en première partie de saison, a définitivement quitté les Blauw en Zwart cet hiver. Le joueur israélien a signé un contrat de 2,5 ans en faveur des Anversois. Avec déjà 7 buts et 2 assists cette saison, c’est bien évidemment une belle acquisition pour l’équipe de Bölöni.

31 janvier : le rush rouche

Le Standard, lui aussi, a fait peu de bruit lors du mercato … jusqu’au 31 janvier. Avant le dernier jour du mercato, les seuls transferts à signaler étaient l’arrivée de Nicolas Raskin et les départs de Carlinhos au Brésil et Luchkevych en Ukraine. Le calme plat à Sclessin donc, jusqu’à jeudi ! Tout s’est emballé avec le départ inattendu de Christian Luiyndama à Galatasaray, actuellement deuxième du championnat turc. Michel Preud’homme a expliqué qu’il y avait des offres que les clubs belges ne pouvaient pas refuser, ajoutant qu’il était primordial de veiller à l’équilibre financier pour faire tourner la machine. Le Standard touchera entre 8 et 9 millions d’euros dans l’opération, mais ce tte justification ne convainc pas tout le monde. Certains supporters ont lancé de vives critiques à l’égard de la direction. Pour eux, on ne peut pas se séparer d’un de ses piliers à moins de deux mois des play-offs. D’autres ont confiance en Venanzi et Preud’homme. Ils ont tenu à rappeler que Luiyndama n’était pas irréprochable et qu’il aurait été inconscient de refuser un tel montant quand on sait que les Rouches n’ont dépensé que 170.000 euros pour l’acheter il y a deux ans. En attendant, les solutions de rechange se nomment Laifis, Kosanovic et Bokadi.

La déception liée au départ de Luiyndama a tout de même été atténuée par une arrivée. Les Liégeois ont réussi à obtenir le prêt d’Alen Halilovic. Il n’a que 22 ans mais le Standard est déjà son septième club. Il y a quelques années, il était considéré comme une future star mondiale. Il a fait ses débuts en équipe première du Dinamo Zagreb à seulement 16 ans. Après deux saisons en D1 Croate, Halilovic a été acheté par le Barça, à 18 ans. Mais il n’y a finalement joué que … 26 minutes. Les Blaugrana l’ont ensuite prêté à Gijon, où il a effectué une saison plutôt intéressante en Liga. Ça a poussé Hambourg à l’acheter pour 5 millions d’euros en 2016. Mais il ne s’est pas acclimaté au football allemand, d’autant plus que son équipe se prenait dégelée sur dégelée. Il est alors retourné en Espagne pour un prêt d’un an et demi à Las Palmas. Il y a reçu pas mal de temps de jeu, il jouait surtout sur le flanc droit. Mais il n’a pas pu faire mieux que 2 buts et 2 assists dans une équipe qui a été reléguée en fin de saison passée. Malgré tout, Halilovic a obtenu un très joli transfert à l’AC Milan l’été dernier. Mais la marche semblait beaucoup trop haute pour lui, puisqu’il n’a joué que 60 minutes cette saison, dont 55 contre Dudelange… A maintenant 22 ans, le joueur croate aura 18 mois pour convaincre les dirigeants du Standard de lever l’option d’achat de 2 millions d’euros qu’ils ont réussi à négocier.

Anderlecht, la qualité plutôt que la quantité ? 

Le 31 janvier nous a décidément réservé pas mal de surprises puisqu’un autre grand nom a débarqué en Belgique : Yannick Bolasie à Anderlecht. L’international congolais est prêté six mois aux Mauves, sans option d’achat. Bolasie, c’est évidemment un grand nom, en tout cas par rapport au championnat belge. Certains se sont empressés de le mettre dans la même catégorie que Djuricic, Marin et Markovic, mais théoriquement, il est une catégorie au-dessus. Everton l’a acheté 29 millions d’euros il y a deux ans et demi. Markovic avait coûté 25 millions à Liverpool, mais c’était 4 ans avant d’arriver à Anderlecht. Marin et Djuricic, eux, n’avaient jamais été coûté plus de 9 millions. De plus, contrairement à eux, Bolasie ne sort pas de plusieurs années sans temps de jeu. Il a joué toute la première partie de saison avec Aston Villa en Championship, une compétition qui n’a rien à envier à la Jupiler Pro League. Le seul point commun qu’on peut voir entre Bolasie et ces autres joueurs, c’est qu’il veut profiter d’Anderlecht pour se relancer. Il a été victime d’une rupture des ligaments croisés du genou en décembre 2016 et a été écarté des terrains pendant un an. Depuis, il rejoue régulièrement, donc Anderlecht ne doit pas trop s’inquiéter. Par contre, il n’a pas encore retrouvé son niveau d’il y a quelques années. Mais pour prester en Belgique, on ne lui en demande pas tant. Son but, il l’avoue clairement, c’est d’atteindre un bon rendement pour la Coupe d’Afrique de l’été prochain.

L’arrivée de Bolasie a évidemment fait beaucoup de bruit, mais ce n’est pas la seule acquisition d’Anderlecht cet hiver. Le Sporting a procédé à des transferts ciblés. Ils voulaient un défenseur d’expérience, ils ont fait revenir Kara. Ils voulaient un médian offensif, ils ont acheté Peter Zulj. Ils voulaient un numéro 9, ils ont obtenu … Bolasie. Là, ça coince. Mais la direction a expliqué que le plan de jeu de Fred Rutten, avec un seul attaquant de pointe, ne nécessitait pas d’attirer un avant supplémentaire. Anderlecht terminera donc la saison avec Dimata, Santini et le jeune Doku. C’est une argumentation qui peut se comprendre, mais ça contredit un peu les déclarations de Michael Verschueren. Il avait martelé pendant tout le mercato qu’il cherchait un nouvel attaquant. Côté départ, ça n’a pas été la grande lessive attendue. Musona est parti à Lokeren, Dauda à Vitesse et Morioka à Charleroi.

L’étrange manège carolo

Charleroi, justement, a pris Morioka pour palier le départ de Benavente.  Avec Luyindama, c’est évidemment la plus grosse perte du championnat belge lors de ce mercato. L’international péruvien a été vendu pour 6 millions d’euros au Pyramids FC, un club égyptien. L’annonce a rendu les supporters carolos furieux. Ils ont l’impression que les saisons ne cessent de se répéter et voient ce transfert comme un manque d’ambition. Le Sporting a aussi profité du mercato pour dégraisser son effectif : N’Ganga, Grange, Saglik, Dervite et Noorafkan ont été priés d’aller voir ailleurs. Un drôle de mercato pour une équipe qui vise le top 6.

Gand qui rit, Saint-Trond qui pleure

Et en parlant de top 6, on termine cette chronique avec les deux derniers prétendants : Saint-Trond et La Gantoise.  Avec des fortunes diverses pour ces deux clubs. La Gantoise, pour moi, est l’équipe a qui a réussi le plus joli mercato. Elle a dégraissé don effectif en prêtant des joueurs excédentaires comme Andrijasevic et Koita. Elle a aussi perdu Kalinic, ce qui semblait plus problématique, mais elle l’a remplacé par Kaminski. Et l’ancien gardien de Courtrai s’est déjà montré décisif, en Coupe notamment. Les Buffalos ont aussi accueilli un attaquant très intéressant avec Alexander Sorloth. Sans oublier Roman Bezus, qu’ils ont acheté à Saint-Trond, un concurrent direct. Les Canaris ont donc perdu deux de leurs meilleurs joueurs, puisque, on l’a dit, De Norre est parti à Genk. Et ils n’ont pas vraiment réussi à les remplacer. Après avoir perdu Bezus, ils ont tenté d’attirer Geoffry Hairemans à tout prix, mais l’Antwerp s’est montré très dur dans les négociations. Les Canaris ont dû se rabattre sur Rai Vloet, un joueur libre arrivé après la date limite. Pas sûr que ça vale Bezus. Saint-Trond va donc souffrir d’un gros manque de créativité pour finir la saison. Mais s’ils se qualifient pour les play-offs 1, ça n’en rendra l’exploit que plus grand.

Olivier Daelen

 

Quelqu’un a dit “corruption“ ?

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En Octobre 2018, on annonçait une vaste affaire de corruption dans le football belge. En Janvier 2019, c’est une affaire de corruption dans le tennis qui voit le jour. C’est le journal sportif français L’Equipe qui a révélé l’affaire qui est instruite en Belgique

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur ce qu’on peut désormais appeler le“Tennisgate“. Une vaste affaire de corruption qui concerne des joueurs de tennis professionnels de 2014 à aujourd’hui. L’objectif de cette fraude : Truquer le résultat préalablement convenu des matchs. Dans le but de : parier sur ces matchs en connaissant le résultat. Ce qui vise à augmenter de manière frauduleuse les gains des paris. Les matchs visés concernent ceux des circuits «Challenger» et « Future », la deuxième et troisième division du tennis.

Qui est à l’origine de cette affaire frauduleuse ?

Il s’agirait d’une organisation criminelle d’origine Belgo-arménienne. En réalité, c’est un groupe très structuré d’Europe de l’est qui agit depuis la Belgique. Elle s’est spécialisé dans les matchs de tennis. Cette grande organisation criminelle aurait réussi à corrompre des dizaines de compétiteurs de toutes nationalités à travers le monde.

C’est la Belgique qui instruit l’affaire 

En effet, début juin 2018, le parquet fédéral belge a annoncé l’arrestation de treize personnes en Belgique et de deux personnes aux Pays-Bas. Dans le cadre d’une opération policière concernant « une organisation criminelle belgo-arménienne ». Cette organisation est spécialisée dans le trucage de matchs de tennis. L’affaire est instruite en Belgique mais l’enquête touche au moins sept pays (Bulgarie, Slovaquie, Allemagne, Pays-Bas, France, Etats-Unis et Belgique. La semaine dernière, le pays a d’ailleurs demandé l’audition de quinze personnes en France. L’enquête a été ouverte en 2015 pour des faits remontant à 2014. Elle se poursuit donc aujourd’hui.

La tête du réseau interpellée en juin dernier selon le quotidien sportif L’Equipe

 La tête présumée de ce réseau, un certain Grigor Sargsyan domicilié en Belgique mais d’origine arménienne qui se fait appeler le « Maestro » a été interpellé en juin 2018. A la suite de cette interpellation, Grigor S. est mis en examen pour corruption, blanchiment d’argent, faux en écriture, appartenance à un réseau criminelle et infraction à la législation sur les jeux de hasard. La tête pensante de l’organisation est aujourd’hui emprisonnée en Belgique.

Le fait d’en parler peut-il sauver le tennis de cette corruption ?

L’Espagne a connu une affaire de même ampleur, Il y a deux ans et ça n’a pas servi ! D’autant plus que début janvier, les autorités espagnoles ont procédé à 83 arrestations toujours pour des trucages liés à la mafia arménienne. Les fédérations et la Tennis Integrity Unit, l’instance qui lutte contre la corruption dans le tennis professionnel partout dans le monde ont mis en place des actions mais il reste encore du chemin… Beaucoup de chemin !

Ce sont les divisions inférieures qui sont le plus touchées notamment la deuxième et troisième division

 Dès lors qu’on propose des paris sur des compétitions d’un niveau assez bas, où les joueurs ne vivent pas vraiment du tennis. On peut comprendre qu’il y ait des tentations, d’autant que selon certains joueurs qui ont avoué avoir joué des matchs truqués, Ils n’ont pas l’impression de tricher quand ils perdent un set et gagnent le match. Ce qui paraît une petite affaire dans des divisions inférieures peut avoir des ramifications internationales et engager des sommes très importantes. On est face à des organisations très structurées car il y a beaucoup d’argent à faire. Truquer un gros match peut rapporter jusqu’à 1 million€. Le même bénéfice avec le trafic de drogue nécessite plus d’efforts. Le top 50 du tennis mondial ne serait pas épargné par ces manipulations. Evidemment, on ne peut pas l’affirmer sans preuve, mais les probabilités sont tout de même assez fortes.

Le tennis est-il la cible idéale des paris truqués ?

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Selon Richard Ings, un ancien membre de l’ATP « rien ne serait plus facile que de truquer un match de tennis ». D’abord, parce que contrairement au football ou à d’autres sports d’équipes, pour truquer un match de tennis. Il suffit de corrompre un seul joueur. Les risques de voir l’affaire s’ébruiter sont donc moins importants. Ensuite, le système de comptage des points permet d’arranger une rencontre en toute discrétion. Il suffit de lâcher une balle de break pour renverser la rencontre. Enfin, le système de paris est avantageux : il est possible de parier sur d’autres aspects que la simple victoire ou la simple défaite du joueur. Par exemple, le vainqueur d’une manche ou le score à un moment donné du match. Cette facilité à truquer les matchs a donc permis aux organisations criminelles de manipuler les matchs de tennis et de s’en servir pour des paris illégaux.

Les instances sont conscientes mais impuissantes face à ce phénomène

Les instances ont décidé de réagir suite à un match bien trop trouble en 2007 entre le russe  Nicolay Davydenko et l’argentin Facundo Arguello à l’Open de Sopot, en Pologne. Davydenko est le favori légitime de ce match face à Arguello, modeste 87emondial. Betfair, l’une des sociétés de paris en ligne est alertée par des mises d’un montant inhabituel. On parle de 7 millions$ (dix fois plus que d’ordinaire) sur la victoire d’Arguello. En abandonnant, au début du 3eset, Davydenko est entrainé dans une tempête médiatique. Car on le soupçonne d’avoir abandonné exprès pour perdre le match. Plus tard, en 2007, le russe est sanctionné par l’arbitre pour manque de combativité face au à un certain croate du nom de Marin Cilic. Davydenko sera blanchi en 2008 par l’ATP. Dès 2005, déjà, le vice-Président de l’ATP, Richard Ings avait mis en garde le tennis face aux « matchs truqués ». Mais la Tennis Integrity Unit n’est créée qu’en 2009 avec des enquêteurs chargés de contrôler des milliers de matchs. Et ils ne peuvent pas tout voir.

La Tennis Integrity Unit a la capacité d’imposer des amendes et des sanctions, et d’interdire aux joueurs, aux arbitres et aux autres officiels du tennis de participer à des tournois.La TIU banni et suspend.

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Cette affaire dépeint un monde du tennis complètement gangréné par la corruption. Même s’il semble que les tournois du Grand-Chelem et le circuit principal ATP soit moins touchés par cette corruption. Le tennis a un grave problème avec les matchs truqués alors qu’il n’est que le quatrième sport en matière de paris.

Julien Haid

 

La Doyenne retourne au cœur de la Cité Ardente

La semaine passée, ASO a dévoilé le parcours des classiques ardennaises 2019. Et on peut dire qu’il y a du changement ! Les organisateurs ont voulu dynamiser les courses, mais ils s’y sont pris différemment. Un final plus facile pour Liège-Bastogne-Liège, plus dur pour la Flèche Wallonne. 

Au-dessus de la Roche aux Faucons, les coureurs fondront sur Liège

Honneur à la Doyenne, on va commencer par décortiquer Liège-Bastogne-Liège. L’attrait principal de cette édition 2019, c’est bien évidemment le retour de la course dans le centre-ville liégeois. Depuis 1992, elle arrivait au sommet de la Côte d’Ans, entre le parking du Carrefour et le Pizza Hut. Mais cette année, les coureurs débouleront sur le boulevard d’Avroy, qui a évidemment un peu plus de cachet. Cette arrivée à Liège implique donc la suppression de la montée finale vers Ans mais aussi la Côte de Saint-Nicolas. Les dernières difficultés du parcours seront donc, dans l’ordre : la Redoute, la Côte des Forges et la Roche aux Faucons. Ensuite, on aura droit à une plongée de 15 kilomètres vers Liège.

L’arrivée sera jugée sur le boulevard d’Avroy, en plein centre-ville de Liège

Cette Doyenne 2019 nous offre également un autre grand retour. La trilogie Wanne – Stockeu – Haute Levée revient au menu. Le peloton n’était plus passé par là ces deux dernières années à cause des travaux à Stavelot. Mais la ville est maintenant rénovée et les coureurs vont à nouveau pouvoir s’attaquer à cet enchaînement de 3 côtes mythiques. On peut même parler de 4 côtes cette année puisque la côte de Mont-le-Soie, située sur la commune de Vielsalm, servira de rampe de lancement. Le retour dans la région stavelotaine signifie aussi la disparition des côtes de Pont, Bellevaux et de la Ferme Libert, qui avaient remplacé Wanne, Stockeu et la Haute Levée en 2017 et 2018.

Un arrière-goût de nostalgie

Peut-on vraiment parler de grande nouveauté avec cette arrivée sur le boulevard d’Avroy ? Pas vraiment. En fait, c’est surtout un retour aux sources. Dans les années 70’ et 80’, Liège-Bastogne-Liège arrivait déjà dans le centre-ville, sur le boulevard de la Sauvenière à l’époque. C’est là qu’Eddy Merckx avait remporté l’une des plus belles éditions de la Doyenne devant Bernard Thévenet. Un duel qui avait préfiguré la grande bataille entre les deux hommes au Tour de France qui a suivi, où le Français a fait chuter le Cannibale de son piédestal. Le retour de la trilogie Wanne – Stockeu – Haute Levée quant à elle, marque aussi un bel anniversaire. Cette année, ça fera 50 ans que le Stockeu a intégré la Doyenne. Et ça coïncide avec la première victoire d’Eddy Merckx sur Liège-Bastogne-Liège. Un succès qu’il avait forgé, je vous le donne en mille … en commençant sa chevauchée dans le Stockeu. Pas de doute là-dessus, ce parcours rappellera de beaux souvenirs aux vieux de la vieille

Deux objectifs : ouvrir la course et la dynamiser

En modifiant complètement le final de Liège-Bastogne-Liège, les organisateurs poursuivent deux grands objectifs. Christian Prud’homme, le directeur d’ASO, est clair là-dessus : il fallait redynamiser la Doyenne. D’après lui, la course était devenue trop stéréotypée. La décision se faisait dans Saint-Nicolas et sur la montée vers Ans, à quelques kilomètres seulement de l’arrivée. Ici, avec 15 kilomètres de faux plat descendant vers Liège avant un final sur le boulevard d’Avroy, les coureurs vont devoir attaquer plus tôt. Le but, c’est que la différence se fasse dans la Redoute, les Forges et la Roche aux Faucons. On peut même rêver de mouvements de grande envergure dès Stavelot.

Sagan – Van Avermaet : un duel flandrien sur la Doyenne ?

A priori, la course devrait donc être plus palpitante. Mais aussi plus ouverte. C’est en tout cas le vœu des organisateurs. Quand on arrivait à Ans, il fallait absolument être un pur puncheur-grimpeur pour conquérir la Doyenne. Avec ce final remanié, ASO espère attirer de nouveaux noms sur la course, essentiellement des garçons qui ont d’excellentes aptitudes au sprint et qui passent très bien les bosses. Des puncheurs-sprinteurs donc. Et quand on évoque ce profil, on pense immédiatement à Peter Sagan. Le Slovaque a d’ailleurs annoncé qu’il serait présent au départ pour la toute première fois de sa carrière. Christian Prud’homme a aussi pointé le nom de Greg Van Avermaet, dont le meilleur résultat à Liège-Bastogne-Liège n’est qu’une septième place, récoltée en 2011. Cette année-là, Philippe Gilbert avait gagné la course et il s’est justement prononcé sur ce nouveau parcours. Il pense aussi qu’il y aura plus de candidats à la victoire finale, il désigne notamment Michael Matthews et Matteo Trentin. De nouveaux favoris donc, mais les habituels Valverde, Bardet, Woods ou encore Martin auront évidemment à cœur de les empêcher de régler ça au sprint sur le boulevard d’Avroy. Sans oublier Alaphilippe et Kwiatkowski, qui pourront jouer sur les deux tableaux.

Le profil de Liège-Bastogne-Liège 2019

Flèche Wallonne : Ereffe – Cherave – Mur de Huy … trois fois ! 

Certains observateurs regrettaient la monotonie de Liège-Bastogne-Liège, mais s’il y a bien une course dont le scénario se répète chaque année, c’est la Flèche Wallonne. A chaque fois, c’est la même chose : les favoris attendent la dernière ascension du Mur de Huy pour en découdre. Comme pour la Doyenne, les organisateurs ont procédé à quelques modifications en espérant que la course se décante un peu plus tôt.

Ans perd Liège-Bastogne-Liège, la commune avait bien le droit à une petite compensation. Son bourgmestre Grégory Philippin aimerait accueillir un départ ou une arrivée d’une étape du Tour de France dans les prochaines années. En attendant que son rêve se concrétise, il va devoir se contenter du départ de la Flèche, ce qui est quand même moins glamour que l’arrivée de la Doyenne… Bref ! Les coureurs quitteront Ans pour prendre les côtes de Tancrémont et des Forges avant de filer vers Huy.  La route vers la Cité Mosane ne sera pas un long fleuve tranquille. On y retrouvera pas mal de petites bosses non répertoriées qui pourront faire mal aux jambes. Ensuite, direction le circuit local en région hutoise. Le peloton va se farcir trois fois le triptyque Ereffe, Cherave et Mur de Huy. Affronter le mur trois fois, les coureurs le font depuis 2010. Mais grimper les côtes d’Ereffe et de Cherave autant de fois, c’est une première.

Le profil de la Flèche Wallonne 2019

Sur la Flèche, on décide donc de durcir le final en espérant que des coureurs créent la surprise plus tôt. Sur la Doyenne, c’est l’inverse : on allège les derniers kilomètres. Un même objectif, des méthodes différentes. Quelle option nous offrira le plus de spectacle ? Réponse les 24 et 29 avril prochains !

Olivier Daelen

La tradition du Christmas Day en NBA

Cadeaux sous le sapin, bûche de Noël dans nos assiettes. La fête de Noël est remplie de symbolisme qui se répètent d’années en années. Pour les fans de sport, en particulier les drogués de la balle orange, le Christmas Day est devenu une tradition. De 18h à 7h du matin, les basketteurs de la plus prestigieuse ligue de basket-ball au monde seront en action, avec l’objectif de passer de bonnes fêtes. Cinq rencontres au programme pour l’édition 2018.

Dans le cadre de la saison régulière en cours, les rencontres se jouent comme n’importe laquelle des rencontres de l’année. Les victoires, et défaites, ne valent pas plus que d’autres. Cependant, Noël est un jour particulier, qui dispose de son aura particulière. Les affiches de Noël sont dans les premières rencontres à être connues lorsque le calendrier est révélé, et la NBA met souvent les plats dans les grands pour cette soirée. Les stars de la NBA sont souvent mis à l’honneur, ainsi que les meilleurs équipes du moment. En terme d’exposition, les matchs de Noël ont l’avantage de commencer assez tôt pour être vues en Europe, ce qui permet aux habitants du vieux continent de pouvoir avoir accès à une rencontre à une heure plus acceptable que d’habitude. Aussi, l’ensemble des rencontres de ce Christmas Day sont retransmis en antenne nationale aux Etats-Unis, sur ESPN.

 

Une tradition qui apparaît dés les débuts de la NBA

 

Pour retrouver les origines de cette tradition, il faut remonter bien loin dans le temps. Existant déjà en NFL et MLB, la toute récente NBA veut aussi exister le jour de Noël. Le premier « Christmas Day » remonte donc à 1947, soit un an après les débuts de la grande ligue. À l’époque, les oppositions se faisaient surtout en fonction des régions géographiques. Ainsi c’était surtout des rivaux locaux qui se confrontaient le 25 décembre. Pour la petite histoire, la première rencontre de Noël en NBA opposaient les New York Knicks aux Providence Steamrollers, une franchise désormais disparue depuis 1949. Ca remonte ! Les Knicks l’ont remporté 89 à 75. Depuis, il y a toujours eu au moins une affiche de jouée à Noël en NBA. Une seule année fait exception : la saison 98-99. Pour cause de grève, la saison avait commencé en Février.

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Les New York Knicks, franchise la plus présente lors des Christmas Day. © flickr

Maillots spéciaux, exposition importante, et donc grande visibilité dans le monde entier…  Au fil du temps, Noël est devenu une date importante pour la NBA. Généralement, ce sont les équipes du moment qui sont mis en avant. En théorie, ça l’est. En pratique, un peu moins. L’exemple le plus concret est celui des Knicks. La franchise est légendaire, certes. New York est d’ailleurs le recordman d’apparition le 25 décembre d’ailleurs avec 53 rencontres. Cependant, c’est devenu systématique que New York accueille le jour de Noël. Certes, le Madison Square Garden est le cadre idéale pour accueillir des rencontres dans une journée si spéciale, mais la franchise est habitué aux mauvais classements depuis des années.  À l’inverse, plusieurs franchises n’ont même pas cinq apparitions à Noël comme les Dallas Mavericks (2), les Toronto Raptors (1) ou encore les Milwaukee Bucks (2, la dernière fois en 1977, en attendant ce mardi). Petite anecdote : une seule franchise n’est pas encore apparu à Noël entre deux bûches : les Charlotte Hornets, alors que la franchise est présente depuis 1988 en NBA). Être un gros marché, et avoir de la visibilité, ça paye tout de même.

 

Noël: l’occasion de marquer les esprits.

Kyrie Irving

Kyrie Irving, ici avec le maillot des Cavaliers, avait crucifié les Warriors au buzzer en 2016. © Wikipedia

Le Christmas Day de Noël est logiquement une journée intéressante pour marquer les esprits. Des moments de légende s’y sont déroulé. Le New York Knicks – New Jersey Nets de 1984, deux franchises rivales, a vu l’inoubliable performance de l’ailier des Knicks Bernard King : 60 points. C’est un record, tout simplement. Il n’y a d’ailleurs que trois personnes qui ont atteint la barre des 50 points lors de cette soirée: Bernard donc, mais aussi Wilt Chamberlain en 1961 (59 points avec les Philadelphia Warriors) et Rick Barry 1966 avec les Warriors de San Francisco). Les Knicks – toujours eux ! – ont fait une des plus belles remontée en 1985 contre les Celtics de Larry Bird. Ils ont remontés 21 points. Pêle-mêle, nous avons aussi le game-winner de Kyrie Irving sur les Warriors en 2016, lors du remake des Finales 2015 qui ont vu Cleveland crée la surprise contre l’équipe de Stephen Curry. Le triple-double de LeBron James contre les Lakers en 2010 fait partie des performances les plus impressionnantes de Noël. Le Magic – Cavaliers de 2003 avec McGrady à 40 pions, et LeBron tout jeunot à 34, dans une soirée très offensive, rentre dans les plus beaux souvenirs de Noël. Tracy McGrady justement, mettait déjà 46 points sur les Pistons l’année d’avant… Bref. Noël c’est quand même un beau jour pour se distinguer.

 

Christmas Day 2018: demandez le programme !

 

Cinq matchs seront à suivre lors du prochain Christmas Day, ce mardi. Dés 18h les Knicks ouvriront le bal en accueillant les Milwaukee Bucks de Giannis Antetokounmpo. New York, qui dispose d’un des pires bilans de la ligue durant cette saison, confronteront une des franchises en forme cette année.

On enchaîne à 21h avec les Houston Rockets contre Oklahoma City Thunder. Chris Paul, blessé, ne sera pas de la partie pour les Rockets. James Harden va devoir assurer face à Russell Westbrook et surtout à un Paul George très impressionnant ces temps-ci.

23H30, remake des derniers Playoffs avec le Philadelphia 76ers de Joël Embiid contre les Boston Celtics de Kyrie Irving. Boston n’est pas forcément dans la meilleure des formes, mais va essayer de se redresser face à Philly, autre gros contender de l’Est.

Le dessert, ce sera dans la nuit. 02H30 du matin, Les Los Angeles Lakers de LeBron James affrontent les champions en titre Golden State.  Ce sera un des matchs de la soirée, même s’il n’est pas forcément le plus équilibré.

Enfin la soirée se terminera à 04h30 avec les Portland Trailblazers contre le Utah Jazz. Ce sont deux des franchises les plus surprenantes de l’année passée qui s’affrontent. Utah aura pour objectif de se repositionner à l’Ouest, tandis que Portland va essayer de creuser l’écart avec son adversaire du soir.

Cinq rencontres, 14 heures de basket. L’occasion est parfaite pour ne pas dormir dans la nuit. Avec peut-être des moments de légende aussi…

 

Antoine Dazin

The Sky was the limit

La nouvelle a eu l’effet d’une bombe : après dix années passées au sein des pelotons professionnels, Sky ne sponsorisera plus d’équipe cycliste, après la saison 2019. Le collectif dont l’hégémonie aura tantôt enthousiasmé les foules, tantôt dégoûté les esprits critiques, n’a laissé personne indifférent dans le monde de la petite reine. Coup de rétro sur dix ans à tutoyer les sommets.

2019 sera la dernière année où l’on pourra voir l’équipe Sky monter sur un podium de cyclisme. Le principal sponsor a, en effet, officialisé son départ des pelotons dès 2020 @wikipedia

 

Le Royaume-Uni est connu pour être un pays fou de football, de bière, de rock’n’roll, d’humour décalé ou encore d’histoires rocambolesques liées à la famille royale. Mais, depuis 2010, nos voisins d’outre-Manche sont aussi devenus de véritables fanatiques de cyclisme, sport qui les avait pourtant déjà vus briller il y a quelques décennies de cela grâce, notamment, à Tom Simpson. Pendant neuf ans, l’équipe Sky aura été fidèle à une réputation sulfureuse, faite de provocations et de victoires écrasantes. Et l’année qu’il reste au team britannique risque de suivre la même trajectoire. Définitivement, cette équipe aura été digne des plus grandes chansons de rock…

 

2010: « Paint it black »

2010 marque la naissance d’une toute nouvelle équipe dans les pelotons professionnels. Loin d’avoir un effectif qui impressionne le grand public, ce qui la distingue surtout des autres équipes cyclistes est la couleur noire de son maillot, seulement légèrement entrecoupée par une bande bleu clair laissant apparaître le principal sponsor du team britannique: Sky. Un choix de couleur qui étonne les suiveurs tant le cyclisme a passé des années à voir ses stylistes perpétuellement innover pour avoir la tenue la plus visible de la course. Quitte à ne pas gagner, autant être vu. Rares sont dès lors les équipes qui s’étaient essayé au noir par le passé.

En parlant d’être vu, cette première saison cycliste de Sky ne lui permet pas d’avoir une grande visibilité tant son palmarès fut maigre: quelques victoires d’étapes sur les courses d’une ou trois semaines et une seule victoire de renom, celle de Juan Antonio Flecha sur le Nieuwsblad. En fin de saison, Sky ne termine qu’à la quinzième place du classement mondial World Tour: ils sont bien malins, ceux qui avaient prédit un avenir doré à ces nouveaux venus sur le marché de la petite reine.

 

2011: « Everybody’s got to learn sometime »

Pour cette deuxième saison au plus haut niveau, l’équipe change assez peu: sept nouveaux coureurs rejoignent le groupe, parmi lesquels Michael Rogers et Rigoberto Uran, tandis que trois « seulement » le quittent. Les résultats évoluent assez peu, si on les compare à ceux de la saison précédente: on compte toujours pas mal de victoires d’étapes sur les courses de plusieurs jours ainsi qu’une semi-classique, Kuurne-Bruxelles-Kuurne, remporté par Christopher Sutton, au début de la saison.

On pourrait croire que Sky n’a rien appris de sa piètre saison 2011, elle qui finit, encore une fois, la saison à la quinzième place du classement World Tour. Mais il y a des signes qui ne trompent pas et qui auraient dû être soulignés à l’époque: une victoire d’étape en haute montagne et une deuxième place au classement général de la Vuelta pour Chris Froome. Celui qui est encore un inconnu de vingt-six ans gravit petit à petit, dans le silence le plus total, les échelons qui le mèneront aux plus grandes victoires de sa carrière…

Christopher Sutton, vainqueur de Kuurne-Bruxelles-Kuurne, en cette saison 2011 @wikimedia

 

2012: « Revolution »

Quand on veut atteindre ses objectifs, il faut s’en donner les moyens: c’est certainement ce qu’on pensé les dirigeants de Sky à l’entame de cette saison 2012. Le recrutement est fait intelligemment et accueille aussi bien des coureurs qui prendront part au train du sprint (Cavendish, Eisel) que des coureurs chargés d’aider Bradley Wiggins dans sa quête de victoire finale au Tour de France (S. Henao, Porte, Siutsou). Dans le sens des départs, l’équipe se sépare de coureurs qu’elle estime inutiles pour accomplir cette même tâche (Cummings, Pauwels, Henderson et Gerrans, entre autres).

Cette troisième saison est, pour l’équipe, celle lors de laquelle elle prouve sa véritable valeur et montre qu’il faut compter sur elle, dans les sprints et dans les monts. Parmi les victoires notables, on compte Kuurne-Bruxelles-Kuurne (Cavendish), Paris-Nice (Wiggins), le Tour de Romandie (encore Wiggins) et, bien sûr, le Tour de France (toujours Wiggins), lors duquel Sky se permet le luxe d’avoir deux coureurs sur le podium final à Paris et s’adjuge pas moins de six étapes. C’est également l’année de la confirmation pour Chris Froome, qui monte sur la deuxième marche du podium du Tour de France et termine quatrième de la Vuelta. Certains observateurs disent même qu’il aurait pu remporter le Tour s’il n’avait pas eu la consigne d’attendre Wiggins en montagne. Nous ne le saurons jamais…

A la fin de la saison, Sky finit à la première place du classement World Tour, un bond de géant, après avoir glané cinquante victoires en 2012 et restera à tout jamais la première équipe à avoir fait gagner le mythique Tour de France à un Britannique.

 

2013: « Starman »

Les Britanniques semblent avoir trouvé LEUR méthode de travail, celle qui leur permet de remporter toutes les courses à étapes qu’ils avaient fixées comme objectifs en début de saison. Plus rien ne peut échapper aux coureurs de la Sky et un seul nom est sur toutes les lèvres, celui de Chris Froome. Pour le « Kenyan blanc », c’est enfin l’année de la consécration: victoire sur le Tour de Romandie, sur le Critérium du Dauphiné et sur le Tour de France, lors duquel il s’adjuge trois victoires d’étapes. Chris Froome est désormais LA nouvelle star de Sky… et du cyclisme mondial!

Les autres résultats de l’équipe sur les courses à étapes sont, eux aussi, très satisfaisants: une deuxième place au classement général du Giro pour Rigoberto Uran, victoire à Paris-Nice pour Richie Porte et de nombreuses succès d’étapes sur les diverses compétitions. Toutes ces réussites permettent à Sky de conclure l’année à la deuxième place du classement World Tour, seulement devancé par « l’ennemi » de la Movistar.

Chris Froome en jaune, une image à laquelle on n’était pas encore habitué en 2013 et qui est devenue incontournable les saisons suivantes @Pixabay

2014: « Boys don’t cry »

Sky avait fait du Tour de France le point d’orgue de sa saison 2014: en effet, la Grande Boucle démarrait de Leeds, au Royaume-Uni, pays d’origine de l’équipe. Alors que les trois premières étapes se passent sans encombre pour les Britanniques sur leurs terres, qui évitent les pièges des arrivées au sprint, la cinquième étape, dans le Nord de la France, sur les pavés qu’emprunte habituellement Paris-Roubaix, sera celle de la désillusion. Et pour cause, Chris Froome, que tout le monde voyait remporter un second Tour, chute sur les routes Ch’tis et se voit contraint à l’abandon, tout comme beaucoup d’autres coureurs. La déception est grande.

Puisqu’un champion n’abandonne jamais, Chris Froome décide de s’aligner sur la Vuelta, histoire de conjurer le sort. Le natif de Nairobi a bien eu raison: il finit la course à une deuxième place au classement général, à 1 minute 10 du vainqueur, Alberto Contador, et on lui décerne le Prix du Super-Combatif, bien qu’il n’ait remporté aucune étape. Une saison contrastée pour Sky, qui est habituée à mieux, et qui la fait terminer à la neuvième place du classement World Tour à la fin de l’année 2014.

 

2015: « No surprises »

La saison 2015 est sans surprise pour Sky: une victoire au Nieuwsblad pour Ian Stannard, une autre à Paris-Nice pour Richie Porte, une autre encore au Critérium du Dauphiné pour Chris Froome et, enfin, une dernière au Tour de France pour ce même Chris Froome, qui s’adjuge également le Classement de la Montagne de cette édition 2015. A cela, il faut ajouter une multitude de succès sur des étapes de courses de plusieurs jours: l’année de l’équipe a été brillante!

Il faut dire que, l’expérience du management de Sky grandissant, les transferts qui avaient été réalisés en début de saison s’étaient avérés intelligents: ainsi, le sprinteur Elia Viviani intégrait la structure britannique afin de pallier le manque qu’avait laissé Mark Cavendish, parti un an plus tôt rejoindre l’équipe Quickstep. Un choix judicieux puisque l’Italien a levé six fois les bras, cette année-là. A cette arrivée, il faut ajouter celles de Wout Poels et Nicolas Roche, notamment, très utiles à Chris Froome lors du Tour. Le seul regret que peut avoir Sky en matière de transferts est le départ de Bradley Wiggins, pourtant fer de lance du team depuis le début, le 30 avril 2015. En effet, celui qui est né à Gand avait décidé de courir pour l’équipe qui porte son nom et de se consacrer à la piste, son premier amour.

En cette saison 2015, Ian Stannard remporte son deuxième Nieuwsblad, au nez et à la barbe de Niki Terpstra et Tom Boonen, de redoutables concurrents @wikipedia

2016: « Anarchy in the U.K. »

Sur les routes, la saison 2016 de Sky est, une nouvelle fois, exceptionnelle: succès à Paris-Nice de Geraint Thomas, au Grand Prix de l’E3 de Michal Kwiatkowski, à Liège-Bastogne-Liège de Wout Poels et au Tour de Romandie, au Critérium du Dauphiné et au Tour de France, de Chris Froome. En remportant son troisième Tour, le « Kenyan blanc » rejoint Louison Bobet, Greg LeMond et Philippe Thys au palmarès de la Grande Boucle. A cette victoire en terres françaises, il faut ajouter sa deuxième place sur la Vuelta, battu par le seul Nairo Quintana.

Mais si le succès est au rendez-vous sur le vélo, il l’est beaucoup moins en coulisses: en effet, en cette année 2016, Bradley Wiggins fait l’objet d’une enquête menée par l’agence antidopage britannique et le parlement d’outre-Manche. Les soupçons portent sur un paquet livré au médecin de l’équipe, Richard Freeman, par l’ancien coureur Simon Cope, lors du Critérium du Dauphiné 2011. Le problème qui se pose est que personne dans l’équipe, ni Cope, ne peut expliquer quel est l’exact contenu du sachet. Ce n’est qu’en décembre de cette année que Dave Brailsford, manager de Sky, décide d’annoncer que le colis contenait du Fluimicil, un médicament qui est légal et dont le but est de retirer le mucus collant aux voies respiratoires.

Bien que, l’année suivante, l’agence anti-dopage britannique a avoué qu’il était impossible de déterminer le contenu du colis et n’a pas déposé plainte contre Sky, les doutes commencent petit à petit à peser sur l’équipe.

 

2017: « Don’t stop me now »

La saison 2017 aurait dû être une saison comme les autres, pour le team Sky. Du moins, c’est ce que tout le monde pensait. L’année avait commencé sous les meilleurs auspices et la moisson de médailles était grande: au palmarès, on compte les Strade Bianche (Kwiatkowski), Milan-San Remo (Kwiatkowski), le Tour de France (Froome) et la Vuelta (Froome). Ces belles victoires permettaient aux Britanniques de finir 2017 en tête du classement World Tour, pour la deuxième fois (la première était en 2012).

Oui, mais voilà, la médaille a un revers: le contrôle positif de Chris Froome au salbutamol lors de la Vuelta. Et son cas prendra des mois à être résolu! Alors qu’il ne sait pas de quoi son avenir sera fait quant à ce contrôle et que tout le monde lui conseille vivement de ne pas participer à des courses avant d’avoir le fin mot de l’histoire (car les résultats engrangés pourraient être annulés), l’intrépide grimpeur annonce, en novembre 2017, son intention de prendre part au Giro 2018. Affaire à suivre…

Alors que son avenir au sein du peloton semble compromis, Chris Froome ne pense qu’à une victoire au Giro, seul grand tour qui manque à son palmarès @Flickr

2018: « Every breath you take »

Plus que jamais dans l’œil du cyclone, Sky reste fidèle à ses habitudes et vise de nombreux succès, cette saison encore. Et les victoires ne se font pas attendre: Tirreno-Adriatico (Kwiatkowski), Giro (Chris Froome), Critérium du Dauphiné (Geraint Thomas) et Tour de France (Geraint Thomas), sont les principaux faits d’arme de l’équipe. Mais, malheureusement pour elle, 2018 sera surtout l’année des suspicions et des scandales pour les Britanniques. Et le principal coureur visé n’est autre qu’un certain Chris Froome.

Souvenez-vous: le Britannique a décidé de participer au Giro alors que personne ne sait quelle sera la décision prise à son encontre quant à son contrôle positif au salbutamol lors de la dernière Vuelta. Pourtant, Froome est bel et bien au départ de la course à Jérusalem (le Tour d’Italie partait… d’Israël!). Son Giro est en demi-teinte et le coureur oscille entre grandes difficultés et coups de pédale extraordinaires tout au long de ces trois semaines de course. Bien qu’on le pensait définitivement à la ramasse, il écrase la concurrence lors de la 19è étape, considérée comme l’étape-reine de cette édition du Giro, et fait un raid solitaire de 80km. Non seulement, il arrive premier de l’étape au mont Jafferau avec trois minutes d’avance sur ses concurrents mais, en plus, s’adjuge le maillot rose de leader. Cet exploit lui permet de remporter le Giro, le premier du Britannique.

Cette victoire italienne pose question et, dans le même temps, aucune décision n’est prise à l’encontre du Britannique suite à son contrôle anti-dopage anormal de 2017 et il est prévu qu’il prenne part au Tour de France. Son objectif: en gagner un cinquième et rejoindre le cercle très fermé formé par Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Mais c’est sans compter sur ASO, organisateur du Tour de France, qui décide de prendre ses responsabilités et de mettre à l’écart Chris Froome, une semaine seulement avant le début de la course. Sky réplique en faisant appel auprès de la Chambre Arbitrale du Comité National Olympique du sport français. Dès le lendemain, l’UCI blanchit Froome à la suite son contrôle anti-dopage anormal, sans donner de raisons scientifiques qui permettent de classer l’affaire sans suite. Froome peut donc participer au Tour de France duquel il finira troisième, sans gagner la moindre étape. Toute cette histoire laisse un goût amer aux spectateurs, qui n’ont pas hésité à huer les coureurs de la Sky pendant tout le Tour de France.

 

2019: « Should I stay or should I go? »

Il est impossible de parler du passé sans évoquer le présent et l’avenir. On sait que 2019 sera la dernière année de « l’armada noire » au sein des pelotons. Les rumeurs sur les raisons de ce retrait et sur les éventuels repreneurs de l’équipe sont nombreuses et nous n’allons pas plus nous attarder dessus. Seul l’avenir nous dira ce qu’il adviendra réellement de cette structure dans laquelle Sky a investi pas moins de 150 millions d’euros en dix ans, une somme colossale en cyclisme.

Tout ce que l’on sait pour l’instant, de la bouche de Chris Froome himself, c’est que les coureurs ont été surpris par l’annonce du départ de Sky, en 2020, mais que les objectifs de 2019 de l’équipe ne changeaient pas et restaient élevés. Mais on n’en saura pas plus, du moins pour le moment. Alors que leurs concurrents ont déjà annoncé quels seraient leurs leaders sur les Grands Tours, le team Sky semble muté dans un certain silence. Les prochains jours pourraient être plein de surprises. Wait and see, comme on dit chez nos voisins d’outre-Manche…

 

Marie Bourguignon