Football Leaks: un mois de Novembre fait de révélations

C’est l’actualité chaude du moment dans le monde du football, et malheureusement elle ne concerne pas que le sportif. Souvenez-vous en 2016, lors de la première édition des « Football Leaks » sur le thème de l’évasion fiscal avec notamment l’agent de joueurs Jorge Mendes, qui avait dissimulé plus de 185 millions d’euros dans des comptes offshores. Depuis le début du mois, les « Football Leaks » sont donc de retour, mené notamment par le média français Mediapart. Il s’agit de la plus grande fuite de documents de l’histoire selon ces derniers. Plus de 70 millions de documents, 3.4 terabytes de données, furent analysés par 80 journalistes de 15 médias européens.

Présentation de la star Neymar, aujourd’hui critiqué pour certaines clauses dans son contrat ©Wikipédia

L’UEFA ferme les yeux sur les fraudes financières

Depuis le début du mois de Novembre, Plusieurs révélations furent divulgués avec notamment un club qui est dans l’œil du cyclone ces dernières semaines: le Paris Saint-Germain. Mediapart a ainsi révélé le 2 novembre un accord fait entre le Qatar et l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy. En échange du rachat du PSG et d’une chaîne de télévision en France, Sarkozy a promis que Michel Platini, alors président de l’UEFA pour rappel, aiderait le pays du Moyen-Orient a obtenir le Mondial 2022. Il faut croire que cet accord fut une « réussite ». Depuis le Qatar a investi dans le club de la capitale, BeIn Sport s’est installé dans le paysage audiovisuel français et le pays qatari organisera bien le Mondial 2022, sauf cataclysme.

Michel Platini

Michel Platini, ancien président de l’UEFA, est cité dans le cadre des Football Leaks ©Wikipédia

Le nom de Michel Platini revient dans d’autres dossiers, avec celui du président de la FIFA Gianni Infantino notamment. Ces deux derniers sont pointés du doigt pour avoir dissimulé une affaire de fraude fiscale. Une sorte de dopage financier qui concerne deux clubs européens : le Paris Saint-Germain et Manchester City, deux clubs qui sont, tout deux, contrôlés par des fonds d’investissements qataris. Plus de 4.5 milliards d’euros auraient été injectés dans ces deux clubs grâce à des contrats fictifs sur les 7 dernières années. 2,7 milliards pour City, 1,8 pour Paris. Ce dispositif fut mis en place afin de contourner le fair-play financier. Platini et Infantino, alors patrons de l’UEFA à l’époque, auraient couvert ce fait pour des raisons « politiques » apparemment. Ces sommes ont permis à ces deux clubs d’investir sur des grosses stars européennes évidemment.

 

Le PSG dans l’oeil du cyclone: contrats spéciaux et fichage ethnique.

Plusieurs contrats parisiens étaient sur le devant de la scène aussi. C’est le cas

Kylian MBappe

MBappe aurait demandé plusieurs clauses particulières dans son contrat avec le PSG ©Wikipédia

notamment de ceux de Neymar et Kylian Mbappe. Eux qui sont arrivés, le soir des premières révélations des Football Leaks, déguisés en personnages de la série La Casa de Papel, le timing était bien trouvé. Le meilleur jeune de la dernière Coupe du Monde détient d’étonnantes clauses dans son contrat. Kyllian aurait demandé à être le meilleur salaire du club s’il gagne le Ballon d’Or (soit 30 millions, ce qui est le salaire de Neymar). Le PSG a refusé plusieurs autres clauses dans son contrat dont celle d’avoir les même primes que ses coéquipiers, mais net d’impôts, ou encore d’avoir 50 heures de voyages en jet privé. On apprend aussi que le joueur aurait pu partir au Real Madrid pour 214 millions d’euros, mais qu’il a finalement été approché par le PSG, lui le jeune joueur né dans la région parisienne.

Neymar est aussi critiqué pour une certaine prime dans son contrat. L’ancien barcelonais dispose ainsi d’une prime « d’éthique » de 375.000 euros par mois, qui comprend pas mal de critères dont le fait d’applaudir les supporters à la fin de chaque rencontres. Cela a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Néanmoins, dans la cour des incroyables révélations des Football Leaks, celle sur le fichage ethnique est le roi. Le PSG aurait, de 2013 au printemps 2018, pratiqué le fichage ethnique pour recruter de jeunes joueurs. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est-à-dire que les recruteurs du PSG disposaient de fiches d’évaluation comprenant une section « origines » avec plusieurs choix (comme Africain, Musulman, Antillais par exemple). Le PSG l’a d’ailleurs confirmé dans un communiqué. Ainsi, appartenir à tel ou telle origine ethnique était un critère de sélection pour intégrer le centre de formation du Paris Saint-Germain. En cause notamment des propos de Marc Westerloppe, ancien directeur de la cellule de recrutement national hors-Île de France, en 2014 : « Il y a un problème sur l’orientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop d’Antillais et d’Africains sur Paris. ». Ce fichage ethnique était effectué aussi au sein de la région de l’Île-de-France, nous révèle le Parisien. Le Paris-Saint-Germain nie, encore aujourd’hui, toute discrimination lié à ce procédé.

Roxana Maracineanu

Roxana Maracineanu, ici durant l’événement « Sciences 2024 » est la ministre des sports française. ©Wikipédia

Forcément, l’indignation prend de la place sur les réseaux sociaux. Des sanctions peut-être ? Cela reste à voir. Financièrement, le PSG devra trouver un autre contrat que celui avec l’autorité de tourisme du Qatar. C’est l’UEFA qui l’a ordonné avant les révélations des Football Leaks. Ce contrat leur permettait justement de contourner le fair-play financier avec plusieurs grosses sommes injectés par le Qatar grâce à ça. La perte de ce contrat pourrait engendrer un déficit de 145 millions d’euros. Cela va poser des problèmes financiers à Paris qui va devoir rechercher de l’argent ailleurs, non seulement pour combler les pertes suite à la fin de ce contrat, mais aussi pour les prochains mercatos. Ils seront peut-être obligé de vendre un joueur majeur dés l’été prochain pour recalibrer leurs comptes. Neymar, Mbappé ? On verra. La question la plus intéressante sera de savoir si le Paris-Saint-Germain risque de subir une sanction sportive de la part des instances footballistiques européennes. Cela reste à voir. C’est peut-être au niveau diplomatique et judiciaire que Paris risque beaucoup. Dans le cadre de l’affaire du recrutement ethnique : la ministre des sports Roxana Maracineanu va recevoir des responsables du PSG cette semaine, Elle a déjà demandé à la Fédération Française de Football (FFF) et à la Ligue de Football Professionnel (LFP) d’examiner le dossier. La ministre a d’ailleurs annoncé que des sanctions disciplinaire voire pénale étaient possibles. Le dossier est à suivre donc.

Antoine Dazin

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Pourquoi un tel engouement pour la course à pied?

On a tous dans notre entourage quelqu’un qui nous raconte ses sorties de course à pied et les courses auxquelles il a participées. Le phénomène semble conquérir de plus en plus de monde, si l’on se fie au nombre grandissant de personnes inscrites à des joggings ou des marathons. Nous allons faire une petite analyse de la situation et tenter de comprendre pourquoi la course à pied rencontre un tel succès.

Il suffit de se promener dans la rue, dans un parc, à la plage ou encore dans les bois pour constater que de plus en plus de personnes pratiquent la course à pied. Les organisateurs de courses l’ont d’ailleurs bien compris et proposent des compétitions de tous types, chaque weekend, dans toutes les régions du pays. Ce succès sportif peut s’expliquer par plusieurs raisons : tout d’abord, la course à pied est un sport assez libre. En effet, on n’a pas un horaire d’entraînement spécifique à respecter puisqu’on peut sortir courir quand on veut, chose impensable quand on est inscrit dans un club sportif. On n’a pas non plus à dépenser des sommes folles dans un matériel très spécialisé hormis une paire de chaussures adaptées. En réalité, que l’on ait des journées hyper chargées ou que l’on ait beaucoup de temps pour soi, la course à pied permet de s’organiser comme on l’entend. C’est avant tout cette liberté d’organisation qui plaît à ses pratiquants, qui peuvent faire du sport à moindre coût, quand ils le désirent. Mais il y a également une deuxième explication à cette mode qu’est la course à pied : le matraquage sur les réseaux sociaux. Il y a effectivement énormément de publications sur ce sujet sur Facebook, sur Twitter, sur Instagram, etc. de personnes racontant leurs exploits en la matière. Et, à force de voir de la course à pied un peu partout, la tentation de s’y mettre, chez certains, peut être forte.

 

Sport et réseaux sociaux : entre entraide, compétition et (mauvais) conseils.

Le mot « matraquage » utilisé précédemment dans cet article est parfois à peine exagéré. En effet, très souvent, on voit des personnes qui se sont auto-proclamées spécialistes de la course à pied (ou de quelconque autre sport : musculation, crossfit, cyclisme ou encore triathlon sont aussi touchés par le phénomène) et qui donnent de très mauvais conseils. Le problème que cela crée est que, comme certains ont le statut d’influenceurs, de nombreux débutant suivent à la lettre leurs recommandations. Or, ces influenceurs n’ont pas forcément un diplôme de coach et promulguent n’importe quoi, souvent sans en avoir conscience. Or, il ne faut surtout pas oublier que la course à pied est un sport à impact, ce qui signifie que le risque de blessure est élevé. Dès lors, si vous désirez débuter ce sport, commencez d’abord par aller passer des tests médicaux chez votre médecin traitant ainsi que chez un ostéopathe, qui vous donneront le feu vert à cette pratique. Ils sont, qui plus est, les meilleurs conseilleurs en matière de santé. Faire partie d’une communauté sur les réseaux sociaux, c’est bien et motivant, mais la santé doit toujours primer.

Sur Instagram, une « communauté running » s’est créée et les publications ventant les mérites d’une sortie de course à pied sont très à la mode.

 

Sport à risques : mais quels risques ?

Si la course est reconnue pour être source de bienfaits, elle a aussi la réputation d’être la cause de nombreuses blessures et autres problèmes de santé. Tout d’abord, il faut savoir que la course à pied est un sport traumatisant pour nos articulations car, à chaque impact au sol, notre corps subit une charge de 5 à 8 fois notre poids. Cela peut donc causer des tendinites et des fractures de fatigue dans les membres inférieurs. C’est notamment une des raisons pour lesquelles la course à pied est fortement déconseillée aux personnes en surpoids. Mais ce n’est pas tout : lorsque l’on court, notre rythme cardiaque augmente et ce, parfois très vite. Il faut dès lors faire très attention aux accidents cardiaques, qui peuvent mener à la mort subite. Enfin, il ne faut surtout pas oublier ce qui guette tous les pratiquants de sports d’endurance : l’hypoglycémie. Une alimentation mal gérée et c’est le malaise assuré. C’est pourquoi un coureur doit toujours s’assurer de consommer assez de glucides au quotidien.

 

L’avantage de la course à pied : elle ne nécessite qu’un petit budget en matière de matériel.

La plupart des sports demandent d’acheter une grande quantité de vêtements et d’équipements, qui peuvent rapidement avoir des répercussions sur le budget de la personne désirant pratiquer l’activité physique qu’elle aime. La course à pied, en revanche, permet de laisser respirer son portefeuille. En effet, le matériel strictement nécessaire n’est pas énorme mais devra être choisi avec parcimonie. C’est le cas des chaussures de course à pied : une bonne paire de chaussures adaptées à la foulée du coureur est primordiale. Pour les choisir, il ne doit pas hésiter à passer des tests physiques et à mettre un prix élevé si cela s’avère nécessaire. Cela peut vite coûter une bonne centaine d’euros mais ça peut également permettre au pratiquant d’éviter bien des mésaventures (cf. les risques liés à la pratique de la course à pied). Pour le reste du matériel, à part une bouteille d’eau, tout n’est pas forcément à acheter : on a tous des vêtements de sport chez soi que l’on peut utiliser pour courir. Mais ceux qui le désirent vraiment peuvent acheter des vêtements techniques dans les magasins spécialisés : selon la marque que vous choisissez, vous pourriez payer 10€ comme 50€ la pièce. Cependant, faites attention en choisissant vos vêtements car certaines marques prétendent vendre des pièces adaptées à la course et il n’en est rien, en réalité. Le marketing peut parfois faire des ravages et le sport n’est pas épargné.

 

Et pour les courses, qu’en est-il du budget ?

Pour commencer, il faut savoir qu’au niveau des courses, il y en a pour tous les goûts, tous les weekends. Souvent, si vous participez à une course de village de 5 ou 10km, vous payerez maximum 10€ sur place et vous pouvez avoir des réductions si vous vous pré-inscrivez. Généralement, plus la distance augmente, plus le prix augmente. Par exemple, l’inscription aux 20km de Bruxelles coûte 25€. Mais cela reste un prix très démocratique par rapport à d’autres courses. Si vous désirez vous inscrire au superbe Marathon de Paris, vous devrez débourser 109€ uniquement pour le dossard ! Il faudra ajouter à cela les frais de déplacement, d’hôtel, de nourritures, etc. Participer à certaines courses peut rapidement coûter cher et si vous décidez d’en faire régulièrement, il ne faudra pas hésiter à délier les cordons de la bourse.

 

Le mythe du marathon : tout le monde veut courir sur les traces des héros.

Le marathon est une course connue de tous et réputée pour être particulièrement difficile. Pour certaines personnes, c’est l’aboutissement de toute une vie. Pourquoi cette course est-elle si attirante ? Il faut d’abord savoir qu’un marathon a une distance bien précise : 42,195km. Et il y a beaucoup de mythes qui sont liés au marathon : celui de Philippidès, qui aurait couru environ 40km jusqu’à Athènes pour annoncer la victoire des Grecs contre les Perses en 490 ACN. Mais aussi celui d’Abebe Bikila, qui a gagné la course olympique, en 1960, à Rome, en courant pieds nus. Ce ne sont que deux exemples parmi d’autres. Mais ces exemples sont entrés dans la légende et c’est pour suivre leurs pas que des millions de personnes courent des marathons dans le monde. C’est la course la plus longue qui existe sur bitume et elle nécessite de longs mois d’entraînement. C’est une course qui demande d’aller puiser profondément dans les réserves physiques et d’avoir un mental à toute épreuve. Courir un marathon dans sa vie, c’est la preuve que l’on est capable de surmonter tous les obstacles. Il y a une fierté dans le fait de courir un marathon et cette fierté, elle se lit sur les visages de ceux qui en sont venus à bout, que ce soit en deux heures ou en six.

 

L’engouement pour la course à pied a-t-il un avenir ?

C’est difficile à dire. Comme nous l’avons évoqué, il y a l’impact des réseaux sociaux qui joue un grand rôle dans cette mode. Cet impact commence d’ailleurs à toucher, petit à petit, le triathlon et le cyclisme. Si les réseaux sociaux étaient moins friands de course, les choses changeraient peut-être, mais on ne peut jamais le garantir. Et puis, n’oublions pas, non plus, que la course à pied est un sport fort addictif : il est dès lors difficile de s’en passer. L’essayer, c’est l’adopter, comme on dit. La mode pourrait bien se démoder, mais les vrais adeptes ne changeront pas leurs habitudes pour la cause.

 

 

Marie Bourguignon

Le dopage sportif est-il suffisamment combattu?

Le sport : si beau, si puissant, si imprévisible, plus grand véhiculant d’émotions mais pourtant parfois aussi si sale, si truqué, si décevant. La pureté du sport apporte au spectateur enthousiasme et passion, loin de l’édulcorée vie quotidienne, mais lorsque sa face sombre ressurgit c’est tout un pan de naïveté qui s’effondre. Les faits sont là, on ne peut vivre sans la terrible dualité du sport, surtout lorsque l’on voit la complaisance des systèmes de rétorsion. La problématique des ex-dopés revenus sur le devant de la scène n’a dès lors jamais quitté le giron du monde sportif depuis de longues années déjà. Petit tour d’horizon de cas célèbres.

Athlétisme : terre (battue) du dopage
5 août 2017. L’image a rapidement fait le tour du monde : Justin Gatlin, agenouillé sur le tartan de la piste londonienne s’incline respectueusement devant Usain Bolt, légende vivante de l’athlétisme mondial, qui vient de terminer la dernière course de sa carrière. C’est pourtant l’Américain qui s’est imposé, gâchant la fête d’un départ gagnant de la Foudre, sans que son succès ne soit jamais remis en question lors du sprint. Gatlin vient de remporter les Championnats du monde mais il subit les foudres (de guerre) du public anglais, sifflé et hué jusque sur le podium.

Cette violente réaction des spectateurs trouve source dans le passé du sprinteur de New-York, condamné deux fois déjà pour dopage. Suspendu un an en 2001 pour prises d’amphétamines, l’Américain revient plus fort sur les pistes, trop fort puisqu’il est à nouveau contrôlé positif en 2006, à la testostérone cette fois, et purgera une peine de 4 ans sans exercer. Après avoir payé son dû (comme Freddie Mercury dans We Are The Champions), il foule à nouveau les pistes et se rachète une conduite. Champion du monde en salle à Istanbul en 2012, médaillé de bronze puis d’argent aux JO de Londres puis Rio, il est également sacré vice-champion du monde à Moscou en 2013 puis deux ans plus tard à Pékin. Avant cette soirée du 5 août 2017 qui fait ressurgir son lourd passé et ses larmes en même temps.

Grand espoir du sprint jamaïcain, Yohan Blake est stoppé net dans son ascension par un contrôle positif à la méthylxanthine en 2009, sa Fédération le suspend 3 mois (seulement!) en représailles. Déterminé à tirer un trait sur cette ombre à son tableau de chasse, il travaille d’arrache-pied et revient plus fort en 2011 pour les Championnats du monde. Mais le duel tant attendu entre le Roi du sprint et l’étoile (re)montante de Kingston accouche d’un pétard mouillé : Usain est disqualifié suite à un faux-départ et ouvre la voie toute royale à son jeune compatriote qui empoche le titre mondial, une consécration. Quelques jours plus tard, Blake améliore même le record du monde de relais 4x100m en compagnie de Nesta Carter, Michael Frater et Usain Bolt. Il décrochera ensuite la médaille d’argent sur 100m et 200m aux JO de Londres, échouant chaque fois derrière son mentor qui l’aidera à conquérir l’or sur le relais. La fin de carrière de Yohan Blake est plus compliquée mais ces nombreux titres récoltés sur deux saisons lui ont certainement facilement fait oublier cette histoire de suspension.

En tennis, les champions et championnes tombent de haut
Pas question de Serena Williams ici, elle n’a jamais été contrôlée positive, au contraire d’une grande Russe, victorieuse de nombreux Grand Chelem et souvent considérée comme l’une des plus belles joueuses sur le circuit (les hommes ne pensent donc qu’à ça…). Et oui, vous l’avez reconnue : on va maintenant parler de Maria Sharapova dont la saga de l’utilisation de meldonium a agité la fin d’année 2015. Elle aboutira sur une suspension de 15 mois en janvier 2016 mais la Russe n’abdique pas et refuse de prendre sa retraite. À son retour sur les courts, elle a dégringolé dans le classement WTA et ne peut pas participer à de nombreux tournois cotés. Mais conscients de l’attractivité de Sharapova, certains d’entre eux décident alors de l’inviter pour lui permettre d’éviter de passer par les phases qualificatives, une action qui fera grincer beaucoup de dents sur le circuit. Son retour ne se passe pas aussi bien que prévu puisqu’elle ne remporte qu’un titre, en octobre 2017 à Tianjin, après avoir lutté toute la saison.

Nous pouvons ensuite rapidement aborder deux cas au profil assez différent, une joueuse plutôt sur la fin et un joueur en pleine bourre. Martina Hingis, référence parmi les références féminines, a été contrôlée positive à la cocaïne lors du Wimbledon 2007, quelques mois seulement après sa sortie d’une galère de trois ans de blessures. Elle est suspendue jusqu’en 2008 et annonce alors sa retraite, mais elle réalise le come-back en 2013 car les terrains lui manquent. Si elle n’a plus rien gagné en simple, elle a continué à engranger quelques succès en double.
Si je vous dis « Croate, 30 ans, 7ème au classement ATP et vainqueur d’un US Open » vous me dites? Marin Cilic exactement, et il fut en 2013, lui aussi, contrôlé positif, à la nicéthamide cette fois. Premièrement suspendu pour 9 mois, sa sanction sera revue à la baisse et il restera écarté des terrains pour 4 mois. Cet aménagement de peine lui permet de participer et de remporter son premier Grand Chelem avec l’US Open 2014. Il remportera ensuite le Masters 1000 de Cincinnati et l’ATP 500 de Bâle et atteindra la finale de Wimbledon 2017 et Open d’Australie 2018.

Cyclisme : coincé entre clichés et vérités
Le sport qui ressort en premier lorsque l’on aborde le sujet du dopage c’est toujours le cyclisme, mais cette réputation est basée sur un amas monumental de faits, de preuves et d’affaires. On ne reviendra pas sur les différents grands scandales qui ont secoué le monde du vélo mais sur deux immenses coureurs des dernières années.
Le premier d’entre-eux a gagné les trois grands Tour avant de se faire destituer de certains de ses succès. El Pistolero Alberto Contador venait de remporter le Tour de France 2010 et le Giro 2011 lorsqu’il fut condamné à deux ans de suspension pour dopage au clenbuterol. Ecopant de la plus lourde peine possible, il a également perdu la paternité de ces deux sacres mais n’abdique pas et compte revenir plus affamé que jamais. De retour sur les pédales, il est hué le long des routes du Tour mais dégaine à nouveau sur le Giro en 2015 et deux fois sur la Vuelta en 2012 et 2014.

Et pas n’importe quel champion du monde, le champion du monde en titre s’il-vous-plait. Suspendu pour deux ans en mai 2010 dans le cadre du scandale de dopage sanguin dans l’affaire Puerto datant de 2006, Alejandro Valverde écope, lui aussi, de la sanction la plus élevée mais ne se voit pas retirer ses victoires car il n’était plus concerné par le dopage. Comme pour Contador, le public belge et français ne cessera de marquer son mécontentement lors de ses courses mais, revenu plus fort que jamais, il fait taire les critiques en remportant deux Liège-Bastogne-Liège en 2015 et 2017 ainsi que quatre Flèche Wallonne consécutives entre 2014 et 2017. Il s’impose encore à la Classica San Sebastian en 2014 avant d’enfin décrocher le titre mondial cette année à Innsbruck après 6 podiums en 11 participations, le couronnement de sa carrière.


Comme nous venons de le voir, le nombre d’ex-dopés revenus sur le devant de la scène pour décrocher des titres sont légions et si l’on se doit de saluer leurs performances, il faut avouer que le fait reste tout de même surprenant. Dans l’absolu, comment est-ce possible qu’un tricheur puisse toujours concourir voire remporter des titres? Un tricheur ne devrait-il pas être suspendu à vie? La question est complexe mais une chose est sûre : un sportif qui voit un collègue tricheur ne pas réellement être suspendu (deux ans de suspension comme peine maximale c’est vraiment n’importe quoi, disons le) ne sera certainement pas découragé de tricher à son tour, que risque-t-il au final? Un arrêt de carrière de deux ans maximum puis hop c’est reparti et on recommence. Des peines plus lourdes au contraire permettraient de prévenir la tentation, le risque serait trop grand. Les Fédérations ne mettent peut-être pas de telles mesures en place pour ne pas perdre leurs grands sportifs et rester attractifs? Il est vrai qu’un Tour sans le duo Contador/Valverde, un Grand Chelem sans Sharapova et Cilic et un 100m sans le duel Blake/Gatlin aurait certainement eu moins de gueule, mais c’est le prix à payer si l’on veut réellement endiguer un dopage qui gangrène le sport et son image aux yeux du public. Une chose est sure, les différentes fédérations ont fait leur choix par le passé, attendons de voir si elles sont enfin prêtes à perdre un nom pour gagner en crédibilité et propreté. À méditer…

Antoine Thirion

Quand le foot belge « encourage » la triche

Depuis un mois maintenant, le football belge est secoué par une violente affaire de blanchiment d’argent et de matchs truqués, on ne vous fera pas l’injure de vous l’apprendre. La compétition a maintenant repris et l’affaire est quelque peu retombée au second plan, mais les questions restent encore en suspens. En analysant le fonctionnement du monde footballistique belge en comparaison avec ses voisins, on peut dégager plusieurs facteurs qui facilitent la triche dans notre plat pays.

Petite précision avant de commencer, si le sujet part de l’affaire du « Footballgate », c’est bien du cyclisme qu’il est pourtant inspiré : lors de la présentation du tracé du Tour de France 2019, le directeur de course Christian Prud’homme nous a proposé un parcours toujours plus difficile que les années précédentes, une difficultés telle qu’elle pousserait les coureurs à se doper, ne serait-ce que pour le terminer. Certains ex-coureurs et cyclistes amateurs s’accordent en effet à dire qu’un tel parcours est pratiquement humainement impossible à réaliser en si peu de temps. Mais ne nous égarons pas trop loin et revenons-en à notre football belge qui nous occupe dans ce sujet.

Une dernière chose avant de rentrer pleinement dans les faits, il faut d’abord dégager l’axe principal d’analyse de ce qu’on appellera les « largesses du système belge », la problématique des amendes. Nous aborderons ensuite en surface les autres failles de cette « industrie de la triche » que sont le manque de punitions des simulations, le sponsoring des sites de paris, un système soumis aux clubs, un recours en appel scandaleux. Ces diverses facteurs concernent précisément le point sur lequel la triche est indirectement encouragée par le football belge, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Concernant les amendes encourues par les clubs et les joueurs en Belgique, tout supporter de foot vous dira qu’elles sont ridiculement faibles, et on ne peut clairement pas leur donner tort au regard des faits. Là où l’Angleterre a allumé le brasier pour vider les tristement célèbres hooligans de ses stades, la Belgique n’a accouché que d’un pétard mouillé, trop préoccupée par la peur de fâcher nos grands clubs.
Le 3 octobre 2018, le club de Charleroi a par exemple écopé de la terrible amende de 2500€ en raison du comportement dangereux de ses supporters qui avaient allumé des feux de bengale et jeté des bombes de fumées sur le terrain lors du match au Standard du 15 septembre dernier, deux types d’objets strictement interdits. Que les Carolos ont du regretter et se mordre les doigts de devoir payer une telle somme, attention de ne pas mettre le club en banqueroute messieurs de l’Union Belge…
Autre cas, même débat : lors de son dernier déplacement à Anderlecht avec son club de l’Antwerp, Laszlo Bölöni a été renvoyé en tribunes pour « comportement inadéquat », un fait grave sur un terrain de foot puisqu’il tend à remettre en cause l’autorité de l’arbitre. Que le Roumain tremble, il sera condamné à payer une amende de 2000€ plus 1000€ supplémentaires pour avoir communiqué avec son staff depuis la tribune, une autre infraction grave au règlement. Un petit virement de 3000€ et hop l’affaire est réglée, Monsieur Bölöni pourra désormais continuer à invectiver les arbitres et communiquer des tribunes quand il y sera ré-envoyé.
On continue? Parfait! À la suite de la défaite de leur club sur le terrain d’Ostende le 31 mai dernier, 13 abrutis de supporters de Genk ont fait irruption sur la pelouse avant de prendre à partie plusieurs stadiers. Résultat des échauffourées? 36 mois d’interdiction de stade de 1000€ à 1350€ d’amende, de quoi pas du tout leur faire regretter leur acte et leur faire comprendre que si ils recommencent bah ils ne devront de nouveau attendre que quelques mois avant de revenir pourrir les stades.

À titre de comparaison, les amendes comparables en Angleterre relève de 3 ans de prison et 15 000€ d’amende pour jets de projectiles ou d’objets inflammables, 12 000€ pour renvoi en tribunes et radiation à vie des stades pour tout supporter troublant l’ordre public. De pareilles peines sont à l’oeuvre en Italie et en Allemagne tandis que les supporters parisiens et marseillais ne peuvent plus se déplacer chez l’ennemi depuis 2012 à la suite de trop nombreux débordements (bien que l’on puisse discuter d’une telle décision). En Espagne, pas besoin de mesures de rétorsion : les supporters sont mélangés dans le stade et ne vouent pas de haine à leurs opposants, ils parlent entre eux et supportent juste leur équipe.

La problématique des amendes est le principal facteur d’incitation indirecte à la triche, mais d’autres facteurs entrent également en compte, on ne fera toutefois que les aborder rapidement pour ne pas devoir rendre l’antenne minuit passé.
Un homme n’est pas capable d’inventer, il ne fait que recopier et améliorer ce qu’il a déjà pu observer, ce n’est pas une critique mais un fait anthropologique. Bref, tout ça pour dire qu’un footballeur qui voit un de ses collègues ne pas être sanctionné lorsqu’il triche, se sentira légitime de tricher à son tour. Et c’est ainsi que fonctionne le problème des simulations. Lors de la Coupe du Monde, les premières simulations tentées ont toutes été sanctionnées d’un carton jaune, au final on a assisté à très peu de simulations sur l’ensemble de la compétition (les simulations de Neymar étaient surtout des exagérations suite à des fautes, pas de manifestes simulations). En Jupiler Pro League, 90% des simulations ne sont ni sanctionnées ni même relevées et chaque match voit son florilège de plongeons. De plus, la Commission des litiges peut punir un joueur après match au cas où l’arbitre ne l’aurait pas vu, elle ne prend pourtant aucune décision à ce propos mais continue de se plaindre de la « malhonnêteté » de la plupart des joueurs, hypocrisie quand tu nous tiens.
Il faut également citer la vaste blague du recours en appel des sanctions dont certains clubs, dont un rouche plus particulièrement, n’hésitent pas à abuser en allant toujours en appel, peu importe si la sanction est cohérente ou non. Et le système leur donne raison puisque 9/10 la sanction est diminuée en appel. Limiter la possibilité d’aller en appel à 2 par club par saison ne serait-elle pas déjà une avancée?
Le problème de la transparence de la Pro League doit aussi être posé : elle est composée des différents clubs et ne peut dès lors pas prétendre à l’honnêteté ni à la partialité complète puisqu’elle est dirigée par les clubs qu’elle doit gérer et sanctionner, un vrai système politique à la Belge.
Une liste longue comme le bras donc, mais non-exhaustive puisque l’on a pas abordé les sanctions de Wesley, Diedhiou et Carcela abandonnées suite à l’amateurisme de la Pro League, les nombreuses insultes racistes non sanctionnées ni les dirigeants qui ferment les yeux sur les commissions des agents.

Avant de conclure, un cas se doit d’être abordé car il cristallise les problèmes du milieu bien plus qu’il ne les assainit : la surprésence des sites de paris sportifs dans la compétition. Un sponsor officiel de la compétition, d’autres sponsors officiels de différents clubs parmi tant d’autres, les bookmakers sont implantés partout au sein de la Pro League et ce n’est clairement pas une association très saine pour l’intégrité du sport. Entre matchs truqués et paris de joueurs (Olivier Deschacht, plusieurs joueurs d’Eupen,…), on a déjà pu remarquer que la limite est d’ailleurs souvent franchie. À quand une interdiction de collaboration entre le sport et les jeux d’argent?

Comme on peut le remarquer, les collusions entre le monde de notre football belge et la triche en général sont nombreuses et ne semblent pas poser de problèmes à nos dirigeants footballistiques puisque le système ne change pas. Comme en politique, les vieux loups de mer n’ont pas quitté le navire et ne se plaignent pas d’une coque qui fuite vers le naufrage de la pureté du (s)port. Si le scandale des matchs truqués a frappé de plein fouet chaque supporter, il était pourtant largement prévisible au vu de la danse lascive qui unit depuis longtemps déjà triche et football belge. Il est grand temps que le public se réveille si il ne veut pas vivre la disparition de la beauté du sport, si belle et innocente.

Antoine Thirion

Les échecs sont-ils un sport ?

 

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Le championnat du monde d’échecs arrivera très bientôt à Londres. Un championnat du monde? Ce n’est pas réservé au sport d’habitude? Les échecs seraient donc un sport? Cela fait déjà beaucoup de questions sans réponses, et c’est pourquoi j’ai décidé de vous parler de cette fameuse discipline et de tenter de répondre à la question « les échecs sont-ils un sport? ».

Le championnat du monde d’échecs se déroulera du 9 au 28 novembre 2018 à Londres. Marcus Carlsen détient le titre de champion du monde depuis 2013, son challenger pour cette édition 2018 sera le grand maître américain de la discipline, Fabiano Caruana, vainqueur du tournoi des candidats au mois de mars 2018. Les joueurs s’affronteront sur 12 parties classiques et la cadence est fixée à 40 coups en 100 minutes après quoi pourrait se rajouter du temps supplémentaire, 50 minutes. Puis 15 minutes de plus au 60ecoup. Les règles sont fixées par la Fédération internationale des échecs (FIDE) qui regroupe toutes les fédérations nationales du jeu d’échecs et en gère les compétitions au niveau Mondial.

Après cette explication du championnat du monde des échecs, tentons de répondre à la question : est-ce que les échecs sont un sport?


Je vais vous apporter quelques éléments de réponses. Reconnu depuis 1999 par le Comité international Olympique comme un « mind sports » (un sport de l’esprit), le jeu d’échecs est un sport au même titre que le basket, le football ou le volley. Même si, la discipline ne figure pas au planning des compétitions olympiques, elle est dotée de fédérations nationales et internationales. L’Europe tout entier considère les échecs comme un sport. Néanmoins, si, la discipline n’est pas une « activité physique » au sens propre du terme, l’endurance, la concentration, la réactivité et la technicité sont-elles, bel et bien, au rendez-vous. Malgré le calme qui se dégage devant les échiquiers, les apparences sont trompeuses et on se rend compte que ce sport demande beaucoup de concentration pour ne pas se faire distancer par son adversaire.

Mais qu’en est-il de la Belgique?

La Belgique a elle aussi une Fédération qui s’appelle la Fédération échiquéenne francophone de Belgique, (FEFB). Malgré cette Fédération qui fait tout pour que les échecs soient reconnus comme un sport, ce n’est toujours pas le cas en Belgique francophone. La communauté française a un décret qui précise que pour être reconnu, les échecs doivent répondre à certains critères parmi lequel le critère physique, ce qui n’est pas le cas du jeu d’échecs. Par contre, la Flandres reconnaît les échecs comme un sport.

Pourtant la Belgique connaît quand même quelques joueurs importants, notamment Tanguy Ringoir qui a remporté 3 fois le championnat de Belgique en 2012,2013 et 2016. Ce joueur a aussi représenté la Belgique aux olympiades de 2012 et 2014. Un autre joueur important chez nous est Bart Michiels, né à Gand qui a remporté le championnat de Belgique a deux reprises en 2004 et 2011. Il nous a aussi représenté lors de l’olympiade d’échecs de 2010 et du championnat d’Europe par équipes de 2013.

On ne s’improvise pas joueur d’échecs du jour au lendemain.

Les échecs montrent qu’il faut de vraies capacités physiques et intellectuelles pour y jouer. A moins de 10 ans, des sommités des échecs comme Marcus Carlsen mataient déjà leurs aînés pour finir sur les podiums. La plupart des joueurs d’échecs de Haut niveau ont d’ailleurs déjà poussé leur premier pion avant même l’âge de l’école. Devenir joueur d’échecs ne se fait pas en un jour, la plupart des grands champions s’entraînent au moins 6 heures par jour et sont suivis par une équipe de médecins, de psychologues, de nutritionnistes, on ne s’improvise pas joueur d’échecs de haut niveau. Des champions comme le russe Kariakine ou le danois Marcus Carlsen s’astreignent à un entraînement digne de grands sportifs comme Usain Bolt ou Roger Federer dans leurs disciplines respectives.

Y-a-t-il vraiment une activité physique dans le jeu d’échecs?

Évidemment, le jeu d’échecs amène une véritable gymnastique du cerveau, vision spatiale du jeu, anticipation des coûts, préparation, résistance à l’effort, concentration extrême… La maîtrise du jeu d’échecs ne vient pas comme on le croit souvent d’une formidable capacité de calcul des combinaisons de jeu possible, mais d’une incroyable mémoire des situations de jeu et de leurs variantes. Travailler est donc le maître mot de cette discipline, il n’y a pas de secrets ou d’aptitudes innées pour devenir un grand joueur d’échecs, il y a juste beaucoup de travail.  Il y a donc incontestablement une action physique dans le jeu d’échecs, ne fût-ce que par la concentration, la préparation et la résistance à l’effort vu sa durée.

Côté longévité les joueurs d’échecs arrêtent-ils leur carrière à 35 ans comme les joueurs de foot par exemple?

Pour ce qui est de la longévité, les joueurs d’échec ne sont pas des athlètes comme les autres. Ils peuvent joueur autant qu’ils veulent, certains grands joueurs ont pratiqué jusqu’à 80 ans. Certes, les joueurs d’échecs ne courent pas mais les parties et les a-côtés nécessitent une grande force physique et plus l’âge évolue plus le regard que les joueurs posent sur le jeu évolue. D’ailleurs, la moyenne d’âge se situe plutôt entre 15 et 35 ans.

Mais alors, les échecs sont-ils oui ou non un sport? Que faut-il en retenir?

Alors, il faut rappeler que l’Europe considère les échecs comme un sport alors que la Belgique francophone non. Il faut aussi se rappeler que le joueur d’échecs adopte la même préparation que tous les sportifs de haut-niveau. D’autant qu’une fois la partie terminée, le travail des joueurs d’échec est lui loin d’être fini : il faut analyser la partie mais surtout faire descendre la pression et préparer la partie du lendemain. L’endurance est donc de mise pour les compétitions qui peuvent durer entre 9 jours et 2 semaines. On peut aussi imaginer que le bluff et la communication non verbale rentrent en ligne de compte. Ce n’est pas pour rien que les grands champions s’entourent de spécialistes du comportement pour étudier chaque réaction de l’adversaire.

De quoi dépendra donc la victoire finale?

Certains joueurs sont considérés comme plus offensif ou plus défensif exactement comme au football ou d’autres sports. Cependant, la victoire finale semble plus être dans le domaine du psychologique : instinct du compétiteur, manière de jouer, personnalité, connaissance de l’adversaire sont donc des atouts importants pour remporter le tournoi. Mais ne soyons pas dupe, une bonne dose de chance est tout aussi nécessaire.

« Un joueur d’échecs, c’est comme de la peinture : s’il n’est pas brillant, il est mat! » (Philippe Geluck)

 Julien Haid 

Âge, nom, sexe, nationalité : ces sportifs qui ont truqué leurs papiers

Sur une carte d’identité, on retrouve un nom, une nationalité, un sexe et une date de naissance. On va s’apercevoir que des athlètes ont déjà menti sur une de ces données, voire même sur plusieurs à la fois ! Il y a eu de multiples affaires à ce sujet, parfois polémiques, notamment au sujet de l’identité sexuelle. Mais ici, on ne va parler que des cas où il y a eu une tricherie avérée.  

Le foot africain gangrené

Dix joueurs des U17 du Bénin avaient entre 20 et 27 ans

La semaine dernière, une info assez surprenante est sortie dans la presse. Des joueurs de l’équipe nationale U17 du Bénin ont écopé de peines de prison ! Onze d’entre eux avaient menti sur leur âge. Ils avaient entre 20 et … 27 ans ! Onze ans de plus donc que l’âge autorisé. Ils ont été condamnés à 6 mois de prison dont 1 mois ferme. Et toute cette mascarade avait été organisée avec la complicité des dirigeants de la fédération béninoise. Son président a d’ailleurs pris la peine la plus sévère : un an de prison dont deux mois ferme. Heureusement, le pot aux roses a été découvert juste avant que le Bénin ne débute ses qualifications pour la CAN des moins de 17 ans. Les Ecureuils, comme on les surnomme, ont donc été exclus avant même d’avoir pu commencer.

Et malheureusement, c’est loin d’être la première fois que genre de magouille est organisée en Afrique. On parlait ici de la CAN 2019, mais l’édition précédente a été secouée par le même type de scandale. 14 joueurs camerounais et 26 nigérians ont été suspendus par leur fédération parce qu’ils avaient menti sur leur âge. C’est un fléau qui touche le football africain depuis de nombreuses années. Chaque fédération tente de prendre le problème à bras le corps en faisant maintenant passer quasi systématiquement une IRM aux joueurs avant les compétitions chez les jeunes. Mais l’IRM a ses limites puisqu’après 18 ans, il devient bien plus difficile de déterminer avec exactitude l’âge de quelqu’un. L’Afrique a donc encore beaucoup de mal à lutter contre toutes ces fraudes.

Des stars du baseball impliquées

Miguel Tejada, l’une des nombreuses stars dominicaines de MLB qui a menti sur son âge

Il n’y a pas qu’en football et en Afrique qu’on a à faire à ce genre de pratique. Un autre sport et un pays en particulier sont touchés : le baseball et la République Dominicaine ! Vladimir Guerrero, Miguel Tejada, Neifi Perez, Rafael Furcal, Ramon Ortiz, … Je m’arrête là mais la liste est longue, très longue. Lorsqu’ils avaient une vingtaine d’années, ils ont tous dit avoir ou deux ans de moins pour obtenir plus de chances d’être repris par des équipes des MLB, la plus grande ligue américaine de baseball. Et ça a à chaque fois marché pour eux. Ils ont pu faire une belle carrière. Certains ont même brillé ! Miguel Tejada et Vladimir Guerrero ont carrément été élus joueurs par excellence, c’est-à-dire meilleur joueur de MLB. Ce n’est qu’en toute fin de carrière, voire après, qu’ils ont avoué avoir menti. Mais en général, ça n’a pas eu de conséquences trop fâcheuses pour eux.

Mais parfois, c’est allé encore plus loin qu’une fraude sur leur âge. Des joueurs de baseball ont même falsifié … leur nom ! C’est notamment le cas de Fausto Carmona. Il joue pendant six ans sous ce nom pour les Indians de Cleveland. En 2012, il veut renouveler son visa pour continuer à travailler aux Etats-Unis et les autorités se rendent compte que Fausto Carmona s’appelle en réalité … Roberto Hernandez. Ah oui, au passage, il a aussi trois ans de plus que ce qu’il prétend. Au final, il n’est suspendu que … trois semaines. Il obtient finalement son visa, il change d’équipe et poursuit sa carrière comme si de rien n’était, sous son vrai nom. Même topo pour Juan Oviedo, qui a joué sous une fausse identité pendant six ans avant d’être suspendu quelques mois et de faire son retour en MLB.

Médaillée aux J.O à … 14 ans

Dong Fangxiao, médaillée de bronze aux J.O de Sidney à 14 ans

Jusqu’à présent, on a parlé de sportisf qui se sont « rajeunis », mais on a déjà vu le cas inverse ! Cela peut arriver en gymnastique. Il faut avoir au minimum 16 ans pour participer aux compétitions chez les seniors. Mais il n’est pas rare de voir des athlètes plus jeunes truquer leurs papiers pour aller aux J.O par exemple. Vu qu’elles sont plus jeunes, elles sont plus souples et elles ont plus de chances de réaliser des prouesses.

L’histoire de la gymnastique est parsemée de médaillées usurpatrices, mais le cas de Dong Fangxiao vaut le coup d’œil. Elle faisait partie de l’équipe chinoise de gymnastique artistique qui a gagné la médaille de bronze aux J.O de Sydney en 2000. Sa carte d’identité indiquait qu’elle était née en 1983 et qu’elle avait donc 17 ans. Bon, vous vous doutez bien que si j’en parle c’est qu’elle était plus jeune. Ce qui est cocasse, c’est la façon dont elle s’est fait prendre… Huit ans après Sydney, les J.O s’installent à Pékin. Et elle y participe encore ! Non pas en tant qu’athlète, mais en tant qu’agent technique. Et quand elle communique sa date de naissance aux organisateurs, elle donne 1986. Même chose sur le C.V qu’elle avait distribué ! Le CIO se rend compte de la supercherie et mène sa petite enquête. Effectivement, elle est née en 1986 et non en 1983 comme elle le prétendait huit ans plus tôt. Ça veut dire qu’elle n’avait que 14 ans lors des J.O de Sydney. Elle est finalement disqualifiée et entraîne toute son équipe dans sa chute puisque le CIO décide de leur retirer leur médaille de bronze. Communiquer soi-même une autre date de naissance au CIO alors qu’on ment depuis des années, c’est vraiment donner le bâton pour se faire battre… Mais quand on va voir les images sur Internet, on peut se demander comment le CIO a attendu ça pour enquêter, on dirait vraiment une petite fille !

Messieurs, veuillez changer de vestiaire !

Après les tricheries sur l’âge, place aux mensonges sur le sexe. Là, c’est une affaire un peu plus connue. Vous avez peut-être déjà vu sur les réseaux sociaux des photos de l’équipe nationale féminine de football d’Iran. En 2014, la FIFA avait demandé à la fédération iranienne d’enquêter sur son équipe féminine. Et parmi les joueuses, il y avait 4 … joueurs ! A partir de ce moment-là, la fédération a instauré des tests de féminité obligatoires. Quelques mois plus tard, rebelote ! Avec cette fois 8 hommes pris la main dans le sac ! Petite précision tout de même, ce n’était pas de « vrais » tricheurs, puisqu’il s’agissait en fait d’hommes qui voulaient devenir des femmes. Ils étaient en pleine processus de changement de sexe, mais ce n’était pas fini. La fédération leur a donc demandé d’attendre la fin de leurs opérations pour pouvoir rejouer avec les femmes. Petite info supplémentaire, car sur Inside Sport on tient à vous informer bien au-delà du sport : l’Iran est leader mondial en matière de changement de sexe.

Parmi ces onze Iraniennes se trouvent quatre … Iraniens

Improbable Guinée-Equatoriale

On termine sur une affaire encore plus risible. L’année dernière, l’équipe féminine de Guinée Equatoriale a été exclue des qualifications pour la Coupe du Monde 2019. La FIFA a expliqué que 10 joueuses étaient inéligibles parce que ces 10 joueuses de Guinée Equatoriale étaient en fait … brésiliennes ! Evidemment, tout avait été orchestré par la fédération. Cerise sur le gâteau, 2 de ces 10 joueuses avaient aussi menti sur leur nom et sur leur âge. Je vous vois déjà venir mais non, la fédération équato-guiénenne n’a pas poussé le vice jusqu’au bout : jusqu’aux dernières nouvelles c’était quand même bien des femmes !

Olivier Daelen

25e Jumping International de la Province de Liège : un événement mondial au cœur de la Cité Ardente

Alors que mon premier sujet pour cette émission concernait les 24h 2CV, me voici au Hall des Foires de Liège (Liège Expo) pour couvrir un événement réunissant encore des chevaux… mais des vrais, cette fois! Entre le 29 octobre et le 4 novembre 2018 se déroulait en effet la 25ème édition du Jumping International de la Province de Liège, rendez-vous phare de la saison équestre.

Grégory Wathelet en grand vainqueur du Jumping – © Twitter de la Province de Liège

UN EVENEMENT D’ENVERGURE INTERNATIONALE

Rien que le dimanche, journée la plus importante de la compétition, c’est une centaine de cavaliers accompagnés de leur destrier qui ont foulé la piste.

En fin de matinée d’abord, se déroulait le Grand Prix « Une Etoile », avec des obstacles à hauteur d’un mètre trente-cinq. A cette épreuve, pas moins de cinquante cavaliers ont participé, venus de tous les horizons : une majorité de Belges bien sûr, quelques Français, des Luxembourgeois, Hollandais, Américains, Algérien, Marocain et Brésilien.

La seconde épreuve, le Grand-Prix « Quatre Etoiles », était l’événement le plus attendu du grand public : les barres étaient placées à un mètre soixante du sol. Et là, c’était la crème de la crème que nous pouvions admirer : champions olympiques et champions du monde étaient présents. Ainsi, pour n’en citer qu’un, il y avait un certain John WHITAKER en compétition. Ici aussi, grande diversité en termes de nations représentées : Belgique bien entendu, mais aussi la Suisse, l’Italie, la Colombie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, le Brésil, l’Espagne, le Canada, l’Autriche et enfin la Russie.

 

DES RESULTATS « BBB », avec un Belge au sommet.

Si nous regardons le podium des deux compétitions, au niveau des nationalités, ce sont les mêmes : les deux premières places sont pour la Belgique, et la troisième pour le Brésil.

En effet, pour la première compétition, c’est Louise JOASSIN qui l’emporte. Pour le second, il s’agit de celui qui était le chouchou du public : Grégory WATHELET remporte le concours, ainsi qu’un beau chèque de 33.000€. Mais il faut dire qu’il ne s’agit pas de n’importe qui : numéro 1 belge de saut d’obstacle, dans le Top 30 Mondial depuis 14 ans, Vice-Champion d’Europe en 2015, année durant laquelle il a gagné la Coupe des Nations avec la Belgique. Son meilleur classement? 5e mondial. Pas mal.

 

LIEGE AU CENTRE DU MONDE EQUESTRE

Régis ALBRAND, qui a fini à une très belle 6e place du Grand Prix Une Étoile, m’a fait l’honneur de répondre à quelques unes de mes questions, les voici. N’hésitez pas à réécouter l’interview sur le podcast de l’émission.

« J’adore cette ambiance, la piste est belle et l’organisation est top »

Parlez-nous un petit peu du concours?

Il s’agit d’un très bon concours, que je venais voir depuis quelques années, je regardais les grands cavaliers monter. Je voulais absolument venir ici. Le Grand Prix Une Étoile, c’est déjà une belle porte d’entrée. J’adore, j’adore cette ambiance d’intérieur, le public qui applaudit, la piste est belle, l’organisation est top, c’est vraiment très très bien. Et de voir les grands cavaliers monter, et de monter [soi-même] sur la même piste, les côtoyer sur le paddock et dans les écuries, ça c’est top, c’est très très bien.

Comment ce concours est-il connu, vu, à l’étranger?

C’est un concours réputé, puisqu’il s’agit de la famille MATHYS qui s’en occupe. Il y a quelques beaux concours qu’il faut voir en Europe. Et Liège fait partie de ces concours-là.

Parlez-nous de vous : en un mot, au moment de monter sur la piste, que ressentez-vous?

Concentration. Je ne vois rien. Rien d’autre que le tracé, le cheval, la sensation du cheval. Concentration, rien d’autre.

Au moment où vous vous qualifiez pour la finale, qu’est-ce que vous vous dites?

C’est vraiment une joie intérieure. On pense d’abord à son cheval. On se dit « Super, il a tout donné. » Je ne pense pas à autre chose qu’au cheval. C’est la plus belle des sensations, c’est le meilleur état d’esprit. Il faut penser au cheval avant ». Ensuite, on sort. On demande au groom de s’occuper du cheval. On veille au cheval avant tout. Et seulement après, on réalise. Et on se concentre pour le barrage*. Mais ça, ça vient après. J’ai d’abord pensé à mon cheval, pour qui c’était la première grande épreuve. Elle a neuf ans, et je la monte depuis ses cinq ans. Elle a tout donné, avec son cœur, et je lui dis bravo.

Pour finir, nous avions parlé dans une émission précédente, des Jeux Olympiques de la Jeunesse. Lors de cette compétition, pour les épreuves d’équitation, on « fournit » les montures aux cavaliers, afin de voir le meilleur cavalier, et pas le meilleur cheval. Qu’en pensez-vous?

A l’époque, les championnats du monde se faisaient avec une tournante à quatre chevaux, quatre cavaliers, pour voir quel était le meilleur cavalier. Je pense que la formule des JO de la Jeunesse, c’est pareil. On retirera le meilleur cavalier, pas celui qui a le meilleur cheval. Je trouve que c’est bien, oui.

 

En conclusion, un très beau concours, apprécié des amateurs comme des professionnels. Qu’ajouter, à part que voir des chevaux impressionnants par la taille et la force sauter si haut, et parfois même en longueur, voir l’entente entre le cavalier et son destrier, c’est un coup à vous transporter. Et ça confirme que, si le meilleur ami de l’Homme, c’est le chien, le cheval en est définitivement la plus belle conquête. Et je me réjouis déjà de pouvoir couvrir un autre événement de ce genre, car c’est bien connu : chez EQUInoxe, l’EQUItation, on aime ça !

 

 

Kass’

*Le barrage est le terme désignant la finale de l’épreuve.

Site du Jumping International de la Province de Liège

 

 

 

Haidong Gumdo: l’art de manier le sabre coréen

Dimanche dernier, j’ai passé l’après-midi au Hall Omnisport de Cointe, dans la salle Gaston Deckers. Au programme, une initiation à un art martial coréen : le Haidong Gumdo. Alors, ça s’écrit comme si on prononçait « H-Aïe-dong Gumdo » mais on  le prononce bien « Hedong Gumdo ». Qu’est-ce que ça veut dire au juste? Le terme d’Haidong Gumdo signifie « La voie du sabre coréen ». Les plus malin d’entre vous l’auront compris, il s’agit bien d’un art en provenance de la péninsule coréenne.

Compétition de Haidong Gumdo ©Wikimedia Commons

Qu’est-ce que le Haidong Gumdo ? 

Le Haidong Gumdo c’est avant tout l’art du maniement du « Gum », du sabre en coréen. On pourrait penser que c’est principalement un sport, mais finalement, l’aspect sportif passe en arrière-plan. Si des compétitions sportives d’Haidong Gumdo existent, c’est avant tout un art martial de méditation et de concentration. Au programme : des exercices de méditations, de respiration durant un combat, d’enchaînements codifiés et chorégraphiés, ainsi que des « coupes », c’est-à-dire de la découpe de papier, de fruits ou encore de bambou à l’aide de sabres. Les compétitions « officielles » sont d’ailleurs un mélange de combat au sabre donc, mais aussi de précision à la coupe. Prenons une feuille par exemple. Sur cette feuille sont inscrites des lignes numérotées de 1 à 10. L’objectif est de couper la feuille le plus précisément possible, sur la ligne qui rapporte le plus de préférence évidemment. Il faut le faire trois fois, sur la même feuille. Grosso modo, c’est ça l’idée.

Combat d'Haidong Gumdo

Deux maîtres se confrontent dans le cadre du Haidong Gumdo ©Wikimedia Commons

L’événement de dimanche, à Cointe, était sous l’égide de Maître Chul-Kyung Lee. Résidant de Suisse à temps plein, il est un spécialiste de la coupe de papier, et a fait l’honneur de sa présence pendant deux jours pour donner des séances de cet art-martial. Si je n’ai pas pu l’interviewer à cause de la barrière de la langue, j’ai pu dialoguer avec tout aussi bien : Maître Pierre-Eric Pyre. Il est ceinture noire de cette discipline et headmaster pour la Belgique au sein de l’association « European Haidong Gumdo Association » (EUHDA) qui vise à la promotion de l’art martial en Europe, et ceci depuis 2006. On a notamment pu discuter des conditions à remplir pour pouvoir faire du Haidong Gumdo.

« Ce qu’il y a de formidable avec le Haidong Gumdo, c’est qu’en fin de compte il n’y a aucune condition pour le pratiquer. La seule différence que vous avez, c’est qu’il n’y a pas de différences. Pourquoi? Parce que nous pratiquons tous avec le même outil, le même instrument qu’est le sabre. C’est-à-dire que vous soyez une femme, un homme, grand, petit, léger ou plus gros, âgé ou jeune, ça n’a aucune importance. C’est la façon dont vous utilisez le sabre qui va faire cette différence. »

– Maître Pierre-Eric Pyre

Le Haidong Gumdo est ouvert à tous et l’initiation de dimanche le prouvait. Une trentaine de personnes étaient présents, des personnes de tout âge, notamment des enfants et des jeunes adolescents.

Quel équipement pour pratiquer le Haidong Gumdo?

Dangereux pour les enfants de manier un sabre dans le cadre de cet art martial? Pas vraiment. Durant les entraînements, personne n’utilise de sabre coupant, c’est effectivement trop dangereux. L’art martial se pratique avec des sabres en mousse pour tout le monde afin de garantir la sécurité des enfants/ Les néophytes commencent avec des sabres en bois, nommé mokgum. À partir de la ceinture marron, le bois se transforme en acier, cependant le sabre n’est pas tranchant. On appelle cela le kagum. Enfin, c’est à partir de la ceinture noire que les combattants disposent d’épées tranchantes, nommés jungum. Tout le monde dispose d’un tobuk, un kimono grosso modo, ainsi que de protections à la tête et au torse.

Les entraînements se déroulent dans la sécurité donc, alternant les différents exercices : d’habilité et artistiques comme le précise Pierre.

« Vous avez des exercices qui sont plus basés sur le côté « habileté, beauté et respect du geste ». Vous avez aussi bien des exercices codifiés qui se font seul ou avec partenaire, et vous avez aussi des exercices artistiques qui permettent aux pratiquants de développer leur sens artistique suivant ce qu’on appelle le gummu (la « danse du sabre » en coréen). On peut ainsi avoir un côté chorégraphique, un côté martial et un côté artistique. »

– Maître Pierre-Eric Pyre

Ainsi, les entraînements sont assez variés : combats « chorégraphiés » en duo, entrainement au maniement du sabre, les exercices de coupes, entre autres. L’ambiance est finalement assez conviviale, voire familiale.

Qu’en ont pensé les initiés?

À la sortie de l’initiation d’Haidong Gumdo, qui a duré deux heures et trente minutes, j’ai rencontré Alain, 54 ans, Léa et Adrianne, toute deux 16 ans. Tous les trois pratiquent le taekwondo à côté du Haidong Gumdo, et m’ont donnés leurs impressions.

« Le Haidong Gumdo, c’était ma première expérience. C’était très chouette, on a l’occasion de faire du Taekwondo avec Pierre-Eric. C’est très complémentaire. Cela demande une autre discipline, une autre concentration.«  – Alain

« Cela change des autres arts martiaux, ça nous permet de nous contrôler, pouvoir être zen et dans un autre univers. » – Adrianne

« Ça apporte une certaine zen attitude ! » – Léa.

Fanions de Dojan

Fanions de plusieurs dojan belges d’Haidong Gumdo et de l’association EUHDA. ©Antoine Dazin

Où en pratiquer en Belgique?

Il y a cinq dojan en Belgique, c’est à dire cinq « clubs ». Le plus proche se trouve à 30 kilomètres de Liège, à Verviers, mais on en trouve à Bruxelles et à Mons aussi par exemple. Des négociations entre l’association de Pierre-Eric et la ville de Liège sont en cours pour trouver une salle dans la Cité Ardente pour la pratique de cette discipline. Plus d’informations sur le site web belge de la discipline, haidong-gumdo.be

Antoine Dazin

La Chine future dominatrice du sport mondial?

A travers différents projets, la Chine tente de se positionner au sommet des sports les plus populaires tels que le football, le cyclisme et le basket-ball. Entre investissements privés et étatiques, le pays assume les côtés politiques et économiques de leurs ambitions sportives.

 

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Un projet d’équipe World-Tour

Le projet est connu sous le nom de Global Cycling Project.  L’objectif étant d’avoir un vainqueur chinois du Tour de France en 2025, c’est à dire dans un peu plus de 6 ans. Une ambition que l’on pourrait juger d’irréaliste sachant que Mei-Yin Wang est actuellement le seul coureur chinois qui évolue parmi les 18 meilleures équipes au monde.

Le budget annoncé sera supérieur à celui de Sky. 

Pourtant, l’écart est déjà démesuré avec les autres équipes actuellement  puisque Sky dispose d’un budget de 39 millions contre 18 millions d’euros pour Quick-Step. L’équipe belge possède le deuxième budget mondial. On peut supposer que si Sky domine le Tour de France grâce à ce budget, pourquoi cette future équipe chinoise ne serait-elle pas capable d’en faire tout autant ? Simplement en pouvant se pourvoir des meilleurs coureurs et entraîneurs et personnels encadrants.

 

La Chine championne du monde en 2050? 

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La Chine voudrait être parmi l’élite du football mondial d’ici 2050. Pour vous faire apercevoir la démesure du projet voici quelques chiffres : 50 millions, c’est le nombre de licenciés souhaités pour 2020. Soit quasiment 5 fois notre population. Pour ce faire 20 000 centres de formations sont prévus ainsi que 70 000 terrains.  Le président Xi Jinping est l’instigateur de cet énorme projet.  Il souhaite ni plus ni moins que la Chine remporte le mondiale et qu’elle domine le football asiatique. La discipline étant dominée par le Japon et la Corée du Sud actuellement.  Donc derrière ce projet sportif, c’est un projet aussi politique.  

Des enjeux économiques grandissants

On ne peut le nier, sur le plan quinquennal, qui consiste en un plan financer sur 5 ans, le budget porté sur le sport passe de 210 milliards à 460 milliards de dollars.  Alors on n’est pas ici pour faire de la politique, mais grosso modo, vous remarquerez que le début de ce plan quinquennal date 2016-2017, ce qui coïncide avec les premiers transferts ronflants en football du côté chinois.  Les noms ronflants, c’est l’assurance de vente de maillots, de produits dérivés, de plus de monde dans les stades. Le résultat en termes de droit TV par exemple, c’est une augmentation de 22 fois du montant précédent. Aujourd’hui on est à 183 millions d’euros par an. 

La NBA s’intéresse également au marché chinois

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Grâce à Yao Ming, le public chinois a commencé à s’intéresser au basket-ball. Aujourd’hui, l’ancien pensionnaire de la NBA est ambassadeur pour la franchise américaine. Il est notamment présent dans la NBA Yao School de Pékin.  Plus concrètement, la NBA tire vers les 250 millions de dollars de chiffre d’affaires sur le marché chinois. Par exemple, des maillots spéciaux sont créés pour le nouvel an chinois.  

Quand le sport marque l’Histoire

C’est bien connu, la Chine domine le ping pong. En 1971, l’équipe chinoise a invité l’équipe américaine. Une rencontre qui a été le prélude du déplacement en Chine de Richard Nixon, président américain. Une rencontre ayant historiquement considérablement rapproché les deux pays.

 

Quentin BOLLAND